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25/02/2026

Friedrich Merz en Chine : entre dépendance commerciale et méfiance croissante

Par Agence de presse AFP

(AFP) - Le chancelier allemand Friedrich Merz est attendu mercredi en Chine, le partenaire commercial numéro 1 de l'Allemagne mais qui est de plus en plus perçu par l'industrie germanique comme un dangereux concurrent, et plus seulement comme un immense marché.

Le chancelier allemand a d'ailleurs appelé mardi, juste avant son décollage du tarmac berlinois, à une relation commerciale avec Pékin basée sur "une concurrence loyale".

Cette visite, la première du chancelier allemand dans ce pays depuis son arrivée au pouvoir il y a dix mois, survient après son voyage à la mi-janvier en Inde, principal rival de la Chine en Asie.

Elle intervient dans un contexte mondial compliqué sur le plan commercial par la saga des droits de douane imposés par Donald Trump puis invalidés par la Cour suprême.

Face au président américain, la Chine de Xi Jinping s'efforce de se présenter comme un partenaire fiable pour les Européens.

La deuxième économie mondiale est en tout cas incontournable : le président français Emmanuel Macron s'y est rendu en décembre, le Premier ministre britannique Keir Starmer en janvier et Donald Trump prévoit une visite fin mars-début avril.

Percée automobile

Comme ses prédécesseurs, Angela Merkel et Olaf Scholz, Friedrich Merz sera accompagné d'une importante délégation de chefs d'entreprises allemands.

Parmi eux, les patrons de Volkswagen, BMW et Mercedes, qui subissent une pression croissante sur le marché chinois, alors que les constructeurs chinois, en particulier ceux de voitures électriques, tentent une percée massive en Europe.

A Pékin, le chancelier allemand sera d'abord reçu par le Premier ministre Li Qiang, avant une discussion et un dîner avec le président Xi.

Au centre des discussions figureront "les relations bilatérales ainsi que les questions économiques et de politique de sécurité", selon un porte-parole du gouvernement allemand.

Jeudi, M. Merz visitera la Cité interdite, avant un rendez-vous chez Mercedes, où seront présentés des véhicules autonomes. Il se rendra ensuite à Hangzhou, souvent qualifiée de "Silicon Valley" chinoise, pour visiter le groupe de robotique Unitree et l'énergéticien Siemens Energy.

Mi-février, en marge de la Conférence de Munich sur la sécurité, le ministre des Affaires étrangères chinois Wang Yi avait plaidé en faveur d'un renforcement des relations.

Les deux pays pourraient élever leur "partenariat stratégique global" à un "nouveau niveau", avait-il déclaré, saluant aussi l'Allemagne comme "force motrice" de la coopération sino-européenne.

Mais, les Européens regardent de plus en plus la Chine avec méfiance.

L'année dernière, Pékin a interdit l'exportation de puces électroniques vers l'Europe après un différend avec le gouvernement néerlandais concernant le fabricant de semi-conducteurs Nexperia. Une situation qui a mis sous pression l'industrie automobile allemande, menacée d'arrêts de production et de chômage partiel.

"Nous voulons un partenariat avec la Chine qui soit équilibré, fiable, réglementé et équitable. C'est ce que nous proposons. C'est également ce que nous attendons de la part de la Chine", a insisté mardi M. Merz.

Il y a quelques années, l'UE s'était mise d'accord sur une stratégie dite de "de-risking", ou réduction des risques vis-à-vis de la Chine.

Chine et dépendances

Mais la dépendance des Européens n'a guère diminué à ce jour. Cela vaut particulièrement pour les terres rares, sans lesquelles de nombreux domaines technologiques ne pourraient plus fonctionner, et dont la Chine est le premier fournisseur.

"La Chine exploite systématiquement les dépendances des autres", avait fustigé M. Merz, lors de la conférence sur la sécurité à Munich mi-février.

Pour la première économie européenne, très dépendante de ses exportations, et dont l'industrie a écoulé pendant des années sa production sur l'immense marché chinois, la situation s'est considérablement détériorée ces dernières années.

L'an passé, le déficit commercial de l'Allemagne avec la Chine a augmenté de plus de 22 milliards d'euros pour atteindre environ 89 milliards d'euros.

La situation est similaire pour le reste de l'Europe.

L'Allemagne dispose cependant encore de moyens de pression, estime auprès de l'AFP Michael Laha, expert de la Société allemande de politique étrangère (DGAP).

Il cite les fabricants de machine-outils, qui restent de "très importants" fournisseurs, "les Chinois n'étant pas encore si avancés dans ce domaine". 

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