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26/06/2026

Grand Prix de F1 du Castellet : la cour des comptes fustige une gestion "défaillante"

Par Agence de presse AFP

(AFP) - Contrats irréguliers, rémunérations "généreuses", frais dispendieux, retombées économiques surévaluées et conseil d'administration contourné... La cour des comptes a sévèrement taclé dans un rapport mercredi la gestion "défaillante" de l'ex-Grand prix de France de Formule 1.

   Le parquet de Marseille a ouvert en 2023 une enquête judiciaire pour favoritisme et détournement de fonds sur le Groupement d'intérêt public (GIP) en charge du Grand Prix qui s'est couru sur le Circuit Paul Ricard du Castellet (Var) de 2018 à son retrait du calendrier en 2023.
   Le rapport de la Chambre régionale des comptes (CRC) Provence-Alpes-Côte d'Azur était très attendu dans ce contexte et alors que les collectivités du GIP, dont la liquidation a été péniblement actée en mars 2024, se disputent sur la répartition des quelque 35,7 millions d'euros de dettes de la structure.
   La CRC pointe les "défaillances de gouvernance" du GIP, dont le bilan est sévèrement résumé: "102,9 millions d'argent public auront été mobilisés pour organiser quatre épreuves de Formule 1, sans que les retombées économiques soient avérées."

   "Tout le monde savait que ce serait déficitaire et nécessiterait de l'argent public", a reconnu Xavier Lefort, président de la chambre, notamment en raison de la redevance annuelle de 23 millions de dollars que le GIP devait verser au groupe britannique Formula One Management (FOM), propriétaire des droits commerciaux de la F1.
   Mais si le choix de ramener la F1 en France était "tout à fait légitime" et pouvait justifier un engagement public, les "retombées économiques ont été sensiblement surévaluées", a relevé M. Lefort. La CRC les évalue à 75 millions d'euros sur la période, alors que les prévisions des promoteurs du projet tablaient sur 120 millions, selon un mode de calcul contesté par la CRC.

   Outre ce "modèle économique non soutenable", le rapport pointe notamment une dizaine de marchés "conclus à l'issue de procédures irrégulières", sans publicité ou mise en concurrence, par exemple 430.000 euros d'achat d'espace médias ou encore 1,23 million d'euros sur la période 2017-22 pour du "conseil en organisation de grand évènement sportif."
   Autre contrat, passé à l'insu du conseil d'administration en 2022, 550.000 dollars (dont la moitié seulement a été versée) pour une étude du groupe FOM sur "la faisabilité d'un Grand Prix à Nice", ville du département voisin des Alpes-Maritimes dont le maire était à l'époque Christian Estrosi (Horizons), par ailleurs président du GIP.
   Une initiative totalement "hors de l'objet statutaire" du groupement, insiste le rapport.

   La chambre pointe également la "politique de recrutement et de rémunération généreuse" du GIP, dont la masse salariale a presque triplé entre 2018 et 2022, passant de 1,1 million d'euros à 2,8 millions, avec notamment un directeur général entré en fonctions en 2020 et rémunéré 338.000 euros par an. 
Ses frais sont également épinglés : 25.700 euros d'hôtellerie en 2021 et des frais de déplacement domicile-travail non prévus au contrat de travail.
   Globalement, le rapport tacle les "commodités accordées aux dirigeants qui ne paraissaient pas spécialement vigilants sur l'économie des moyens". Un cadre bénéficiait ainsi d'une carte bancaire professionnelle alors que les statuts ne la prévoyait pas pour son poste.

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