Publicité
Publicité
06/03/2026

Le soutien de l'UE au "Made in Europe" inquiète les entreprises chinoises

Par Agence de presse AFP

(AFP) - Les propositions de Bruxelles pour soutenir la production industrielle européenne suscitent les inquiétudes des entreprises chinoises, qui ont dénoncé jeudi une atteinte aux principes du libre-échange.

   "Cette proposition, par l'introduction d'exigences de contenus Made in Europe, de dispositions obligatoires en matière de transfert de technologie et d'un examen rigoureux des investissements étrangers, remodèlerait considérablement les règles d'accès au marché au sein de l'UE", a déploré dans un communiqué la Chambre de commerce chinoise auprès de l'UE (CCCEU).
   Cet organisme, qui représente les entreprises chinoises en Europe, estime que les mesures envisagées, si elles étaient appliquées conduiraient l'économie européenne "vers un modèle plus protectionniste et d'exclusion", qui pourrait "nuire à la réputation bien établie de l'UE en tant que marché ouvert et fondé sur des règles".

   La Commission européenne a présenté mercredi une proposition de loi sur le "Made in Europe", qui vise à relancer la production industrielle européenne et à mieux résister à la concurrence chinoise, en imposant à certaines entreprises qui bénéficient de fonds publics des exigences de contenus locaux.
   La Chambre de Commerce s'inquiète en particulier du périmètre géographique du "Made in Europe".
   Bruxelles a prévu d'assimiler à des contenus européens les produits issus des "partenaires de confiance" de l'UE, comme le Royaume-Uni ou le Japon, sous réserve de réciprocité. 
   Mais la Chambre de Commerce souligne que les critères prévus excluent de fait la Chine des pays éligibles au dispositif, y voyant un risque de "discrimination" à l'encontre de ses entreprises.

   En outre, la proposition inclut des dispositions en matière d'investissements étrangers qui visent clairement la Chine, sans la nommer explicitement, avec des obligations de retombées locales, de transferts de technologies, et des restrictions en termes d'actionnariat.
   La Commission européenne a défendu ses propositions, en expliquant qu'elles s'inspiraient de règles protectrices déjà en vigueur dans plusieurs pays y compris la Chine.
   Sur les investissements étrangers, "nos conditions sont même moins strictes que celles de la Chine", a souligné le vice-président de la Commission Stéphane Séjourné, dans un entretien au quotidien français Les Echos, rappelant que "Pékin impose aux entreprises européennes un partenaire chinois obligatoire, limite leur participation à 40% et exige un transfert de technologie".

Partager cet article

Par Agence de presse AFP

L’Agence France-Presse (AFP) est une agence de presse internationale indépendante qui produit et diffuse en continu dépêches, photos, vidéos et infogr... voir plus

Réactions

Aucun commentaire, soyez le premier à participer !

Votre commentaire

Vous devez être connecté pour publier un commentaire

Autres articles

Constructeurs

Humain ou autonomie, pour conduire, il faut choisir

(AFP) - Autonomie pour les robotaxis, moins pour un humain au volant : plusieurs constructeurs renoncent aux aides à la conduite trop sophistiquées, où le conducteur laisse sa voiture conduire toute seule, et misent plutôt sur les taxis autonomes sans chauffeur.

Analyse

Quels scénarios pour l’automobile en cas de prolongement du conflit avec l’Iran

Le conflit entre les Etats-Unis, Israël et l’Iran perturbe les marchés automobiles européen et américain. Les conséquences immédiates sont la hausse du prix du pétrole et l’allongement des délais logistiques puisque les cargos évitent désormais les environs de la péninsule arabique. Pour l’automobile, les crises de ce type peuvent entraîner un ralentissement du marché. En cas de prolongement, l’automobile s’adaptera mais les conséquences seraient plus profondes pour l’économie de l’industrie.

Marchés

Stellantis met l’électrique au prix du Diesel pour stimuler la transition des utilitaires

Stellantis lance en Europe une campagne commerciale avec des loyers pour les véhicules utilitaires électriques au prix des modèles Diesel. L’initiative concerne l’ensemble des fourgons compacts et intermédiaires du groupe et sera déployée jusqu’à la fin du mois de juin. L'enjeu est de stimuler les ventes de VUL électriques alors que sur les deux premiers mois de l'année ils représentent un mix de 9% très loin des 17% qu'il faudrait...