16/12/2025 - #Daimler Truck , #Scania
Les constructeurs européens de camions demandent à leur tour un répit à l'UE
Par Agence de presse AFP
(AFP) - A la veille de l'annonce de mesures de soutien de l'UE au secteur automobile, les constructeurs européens de camions ont réclamé lundi un répit à Bruxelles, prévenant qu'ils risquaient des milliards d'euros d'amende si leurs normes CO2 étaient maintenues.
La réglementation européenne oblige les constructeurs de camions et bus à réduire les émissions de leurs véhicules de 43% en 2030 et de 90% en 2040, par rapport aux niveaux de 2019.
Mais les ventes de camions à motorisation électrique peinent à décoller, et représentent seulement 4% des ventes de modèles neufs, selon l'ACEA, le lobby du secteur automobile.
A ce rythme, les fabricants estiment qu'ils devront payer de l'ordre de 2 milliards d'euros de pénalités annuelles an à partir de 2030, faute de pouvoir remplir les objectifs de CO2 européens.
"Nous avons fait nos devoirs, nous avons conçu les véhicules (électriques) et nous aimerions les vendre, mais nous avons besoin qu'on nous y aide", a expliqué à l'AFP Christian Levin, patron du constructeur suédois de poids-lourds Scania (groupe Volkswagen), et membre de l'ACEA.
Il a cité l'exemple de son entreprise, qui pourrait fabriquer jusqu'à 20.000 camions électriques par an, au prix d'importants investissements, mais n'en aura produit qu'un millier cette année, du fait d'une demande insuffisante.
Les camions électriques coûtent deux fois plus cher que les modèles à moteur diesel, relève M. Levin, qui plaide pour renforcer les dispositifs d'incitation européens et nationaux.
Ainsi, d'après l'ACEA, seuls 12 des 27 pays de l'UE ont accordé aux camions électriques les réductions de péages autorisées par Bruxelles, et parmi eux, seuls deux ont mis en place une exonération totale.
Autre frein dénoncé par la dirigeante de Daimler Truck, Karin Radstrom, le manque de stations de recharge dédiées : l'Europe n'en compterait encore que 1.500, loin des 35.000 qui seraient requis pour accompagner l'électrification du secteur voulue par Bruxelles.
Pour M. Levin, imposer dans ces conditions des pénalités financières aux constructeurs "n'a pas de sens". Ne pas les supprimer "serait un désastre, ce serait s'en prendre à un joyau de l'industrie européenne", plaide-t-il.

