20/01/2026
Les équipementiers réclament 75% de contenu local
Par Agence de presse AFP
(AFP) - Trois grands équipementiers français, Valeo, Forvia et OPmobility, ont demandé lundi à l'Union européenne d'imposer un minimum de 75% de contenu local aux véhicules électriques produits en Europe, à dix jours d'annonces de la Commission sur le sujet.
"Partout dans le monde, les industries automobiles concurrentes à celle de l'Union européenne sont soutenues et protégées par des mesures spécifiques, notamment en Amérique du Nord et en Asie", font valoir leurs trois directeurs généraux, dans une tribune publiée par Les Échos.
Pour y répondre, l'UE doit adopter "des règles de contenu local suffisantes pour inciter les entreprises qui souhaitent vendre des véhicules dans l'Union européenne à les assembler sur place avec des composants européens", réclament Félicie Burelle (OPmobility), Martin Fischer (Forvia) et Christophe Périllat (Valeo).
"Aujourd'hui, 75% de la valeur des composants, hors batterie, d'un véhicule vendu en Europe est produite en Europe", rappellent les groupes, qui prônent "de sécuriser ce seuil minimal (...) pour les composants, hors batteries, pour tous les véhicules, quelle que soit leur motorisation, et non seulement pour les véhicules électriques".
Cette préférence européenne doit selon eux se limiter aux 27 pays de l'UE, car "inclure les pays partenaires commerciaux privilégiés de l'Union risquerait de rendre le dispositif inopérant". Allusion à des pays comme la Turquie et le Maroc, où des constructeurs comme Renault et Stellantis font fabriquer des modèles vendus en Europe.
Ils demandent aussi "un traitement spécifique pour les batteries", qui représentent jusqu'à 50% de la valeur d'un véhicule électrique, afin d'éviter qu'un taux uniforme ne "concentre les efforts sur cette partie, au détriment du reste du tissu industriel".
Les constructeurs français ne sont pas tous sur la même ligne: Renault défend un contenu local de 60% sur la moyenne des véhicules vendus, y compris thermiques, quand Stellantis dit "soutenir fermement les exigences de l'UE en matière de contenu local" sans donner de chiffre. Idem pour l'équipementier Michelin, "favorable à des mesures de contenu local à condition qu'elles ne compromettent pas l'innovation en créant des rentes de situation", sans citer d'objectif chiffré.
La Commission européenne doit annoncer le 29 janvier, dans un texte sur "l'accélérateur industriel", un taux de contenu local minimum pour les véhicules produits en Europe ainsi que son mode de calcul. Il conditionnerait les bonus à l'achat des États-membres.
Cette arme protectionniste s'ajoutera aux lourdes taxes douanières imposées depuis 2024 par l'UE aux voitures électriques chinoises.

