01/04/2026
Moins de 1.000 poids lourds électriques immatriculés en 2025 : le prix reste un frein
Par Agence de presse AFP
(AFP) - L'électrification des poids lourds, indispensable pour décarboner le transport des marchandises, reste freinée par le prix des camions électriques - trois fois plus élevé qu'un camion thermique - et nécessite des aides supplémentaires, ont plaidé mardi les associations l'Avere et Charge France.
En 2025 n'ont été immatriculés en France que 900 poids lourds électriques, sur un parc roulant de 600.000 véhicules.
"Il s'agit cependant d'une hausse de 40% en un an, cette progression est encourageante pour l'avenir", commente dans un communiqué Clément Molizon, porte-parole de l'Avere, association pour le développement de la mobilité électrique.
Même si la recharge coûte moins cher que le gazole pour un camion à moteur diesel, surtout s'il se recharge la nuit dans son dépôt, un poids lourd électrique coûte de l'ordre de 300.000 euros contre 100.000 pour son équivalent thermique, précise l'Avere.
"Ces investissements initiaux doivent aujourd'hui être supportés par les transporteurs, souvent des PME déjà sous forte pression financière, ce qui constitue un frein direct à l'adoption", a renchéri mardi dans un communiqué Charge France, qui réunit les 21 principaux exploitants de bornes de recharge.
Les deux associations réclament donc des aides supplémentaires, notamment des bonus à l'achat plus élevés. Comme pour les voitures électriques, l'achat de camions électriques bénéficie d'un bonus, financé par les opérateurs d'énergie, qui peut aller de 35.000 à 60.000 euros.
L'Avere compte aussi sur le projet de loi-cadre sur les transports, qui prévoit que les donneurs d'ordre demandent une part croissante de transports décarbonés et fassent ainsi pression sur les transporteurs.
Ils sont aussi incités à s'équiper par l'Union européenne, qui prévoit 90% de poids lourds électriques pour 2040, mais cet objectif européen est en train d'être rediscuté, avertit le porte-parole de l'Avere, qui demande son maintien.
Autre obstacle, le développement du réseau de recharge. "Plusieurs milliards d'euros d'investissements sont nécessaires pour couvrir les besoins de recharge et accompagner la montée en puissance du parc", note Charge France.
Si les autoroutes commencent à se doter de bornes pour poids lourds, "le premier enjeu est d'équiper les dépôts" où les camions reviennent se garer le soir, pour leur permettre de se recharger pendant la nuit, conclut Clément Molizon, qui rappelle que les aides aux entreprises pour se doter de bornes peuvent aller jusqu'à un million d'euros, mais qu'elles les demandent peu.

