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Marchés - 14/09/2023

Sous pression de Paris, l'UE s'attaque au dumping chinois sur les voitures électriques

Par AFP

Sous pression de Paris, l'UE s'attaque au dumping chinois sur les voitures électriques

Pressée par la France, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête sur les subventions chinoises aux voitures électriques, un geste salué par les constructeurs de l'UE qui dénoncent une concurrence déloyale.

"Les marchés mondiaux sont aujourd'hui inondés de voitures électriques chinoises bon marché, dont le prix est maintenu artificiellement bas par des subventions publiques massives", a affirmé la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen dans un discours au Parlement européen à Strasbourg.

Si, au terme de son enquête, la Commission constate des infractions aux règles commerciales, elle pourrait infliger des droits de douane punitifs aux véhicules chinois, au risque de déclencher une guerre commerciale avec Pékin.

"L'Europe est ouverte à la concurrence. Pas à un nivellement par le bas", a lancé la responsable allemande, recueillant des applaudissements nourris.

Un responsable chinois a immédiatement protesté. "Ce n'est rien d'autre que du protectionnisme pur et dur", s'est insurgé Wang Lutong, responsable des Affaires européennes au Ministère chinois des Affaires étrangères, dans un message sur X (anciennement Twitter). "De nombreux pays membres de l'UE subventionnent leurs industries de véhicules électriques", a-t-il affirmé.

L'ouverture de l'enquête représente un geste envers la France qui poussait ces derniers mois pour une Europe s'affirmant davantage face aux pratiques jugées protectionnistes de Pékin. D'autres pays membres, comme l'Allemagne, qui misent davantage sur le commerce international, sont traditionnellement plus réservés, par crainte de froisser le géant asiatique.

Mais Paris et Berlin ont cette fois approuvé l'initiative à l'unisson.

Si les subventions chinoises "ne sont pas conformes aux règles de l'Organisation mondiale du commerce, il faut que l'Europe puisse riposter", a déclaré le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire, saluant "une très bonne décision" de Mme von der Leyen. "Nous voulons une coopération équitable entre la Chine et L'Europe. Ça n'est pas et ça ne peut pas être la faiblesse", a-t-il martelé.

"Distorsions de concurrence"

"C'est globalement la bonne attitude", a estimé son homologue allemand Robert Habeck, lors d'une conférence de presse commune à Berlin. "Il ne s'agit pas d'exclure du marché européen des voitures performantes et bon marché, mais de voir s'il y a des subventions cachées, directes ou indirectes, qui représentent un avantage concurrentiel déloyal", a-t-il expliqué.

L'enquête "antisubventions" a également été saluée par l'Association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA), principal lobby de la filière dans l'UE.

Cette annonce montre que "la Commission européenne (...) se penche en urgence sur les distorsions de concurrence dans notre secteur", a déclaré Sigrid de Vries, la directrice générale de l'ACEA.

La Chine mise depuis longtemps sur les motorisations électriques dans l'automobile et a pris une longueur d'avance sur l'Europe notamment dans les technologies de batterie. Ses constructeurs s'appuient sur leur immense marché intérieur, le premier au monde, pour conquérir désormais l'Europe grâce aux fortes économies d'échelle dont ils bénéficient.

Hausse massive des importations

Mme de Vries constate déjà "une hausse massive" des importations de véhicules électriques chinois en Europe.

Elle a rappelé aussi que les subventions gouvernementales américaines réservées à des produits fabriqués aux Etats-Unis, dans le cadre de l'IRA ("Inflation Reduction Act") favorisaient l'implantation d'activités outre-Atlantique.

Les entreprises européennes "sont souvent battues sur le terrain des prix par des concurrents bénéficiant d'énormes subventions publiques. Nous n'avons pas oublié combien notre industrie solaire avait pâti des pratiques commerciales déloyales de la Chine", a souligné mercredi Ursula von der Leyen.

La présidente de l'exécutif européen a cependant plaidé pour un "dialogue" avec Pékin. "Nous devons nous défendre contre les pratiques déloyales. Mais il est tout aussi essentiel de (...) poursuivre notre dialogue avec la Chine", a-t-elle déclaré. "Réduction des risques, pas découplage", a-t-elle martelé.

Le commissaire au Commerce, Valdis Dombrovskis, a annoncé dans la foulée qu'il se rendrait en Chine la semaine prochaine "pour discuter des opportunités et des défis commerciaux et économiques".

Le gouvernement français prépare de son côté une réforme des subventions aux voitures électriques en France, qui devraient être bientôt subordonnées à un "score environnemental" susceptible de limiter les importations chinoises.

Réactions

Chansons de gestes et troubadours ...

Les Européens sont indisposés par les vilains Chinois qui subventionnent leur industrie des véhicules électriques un "max" ?... Ah bon vous croyez ...?

... Pas de panique les petits vermiceaux ... Il s'agit d'une simple enquête... "Oursoula" pourra tranquillement re visiter plusieurs fois la Cité Interdite et déguster des nems aux truffes navant d'aboutir à des restrictions d'importation ...
Quant au stratège de Bercy ... Nan rien !
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Aux truffes noires ... désolé !
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Y'a besoin d'une enquête ?!!!
Les Chinois fabriquent des bagnoles électriques ? Nonnnnnnnn, c'est pas vrai...!!
On ne nous dit pas tout comme dirait l'humoriste avec une patate chaude dans la bouche.

Parler la bouche pleine, c'est pas bien !
;-)

Ne pas confondre dumping chinois et saute muraille... de Chine, bien sur !
Plus sérieusement, l'UE est en train d'ouvrir les yeux (enfin ?) et sent sérieusement la menace venir entre l'interdiction du thermique en 2025 et les prix pratiqués par les VE chinois sachant que les constructeurs européens ont du mal à monter en volume avec des prix compétitifs pour les véhicules électriques entrée de gamme et pas que...

... Le rythme de la "nomenklature" européenne me rappelle un sketch de Coluche sur les fonctionnaires genre : au bout de 10 avertissements t'as un blâme...et après ?

A ce rythme, l'on peut redouter que le secteur auto européen soit "laminé" avant que les premières mesures de correction n'aient pas été énoncées par la commission ... Heureusement, Thierry Breton doit pousser un tantinet "Oursoula"...sinon !
Une enquête ? ... De la chanson de gestes, vous dis-je ....
;0)

Si on réfléchit bien, quand vous achetez un VE chinois, vous avez finalement un bonus chinois + un bonus français.
Il faut juste enlever le bonus français !
Ce que notre administration valeureuse est en train de pondre avec une future usine à gaz réglementaire pour définir en restant politiquement plus que correct, quelles sont les voitures vert clair, vert gazon, vert foncé et émeraude.
Ce qui va conduire à un drame national puisque la Spring n'aurait plus de bonus !
N'oublions pas qu'il n'y a pas que les Chinois qui font des voitures en Chine... et que c'est la seule solution qu'on trouvé les européens pour faire de l'entrée de gamme.
;0)

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