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10/09/2026

Soutien au "Made in Europe" : des eurodéputés veulent aller plus loin

Par Agence de presse AFP

(AFP) - Les eurodéputés chargés de mener les négociations avec les Etats membres sur le projet de soutien au "Made in Europe" ont dit vouloir aller plus loin que les propositions de Bruxelles, dans un rapport publié mercredi.

L'élue écologiste allemande Anna Cavazzini et ses collègues français Christophe Grudler (Renew/Modem) et Pierre Jouvet (PS) ont rédigé une série d'amendements, qui visent notamment à limiter la possibilité d'inclure des pays partenaires dans le soutien au "Made in Europe".

Bruxelles a dévoilé en mars des propositions en faveur du "Made in Europe", visant à réindustrialiser le continent et à mieux résister à la concurrence chinoise.

La mesure phare est l'instauration d'une "préférence européenne", une mesure longtemps restée taboue en Europe en raison de son caractère protectionniste.

Elle consiste à obliger les entreprises de secteurs jugés stratégiques (comme l'automobile et les énergies décarbonées), lorsqu'elles bénéficient de fonds publics, à se fournir en composants fabriqués en Europe, ou dans certains pays partenaires (sous réserve de réciprocité).

Mais les trois co-rapporteurs du Parlement disent vouloir durcir les conditions de réciprocité proposées par la Commission, via des amendements qui limitent drastiquement le champ géographique du texte.

L'idée est que "la préférence s'applique à l'Union européenne à 27, et ne s'ouvrira à d'autres pays que sur la base d'une réciprocité stricte", fait valoir Christophe Grudler.

La proposition initiale de Bruxelles conduirait à assimiler à la production européenne tout produit fabriqué dans les pays ayant avec l'UE un accord de libre-échange, une union douanière ou un accord sur les marchés publics, soit "près de 90 pays, une aberration", souligne de son côté Pierre Jouvet.

Les eurodéputés veulent également réserver les subventions, aides ou bonus étatiques aux produits d'origine européenne au sens strict, sans possibilité cette fois d'ouverture aux pays partenaires.

Les co-rapporteurs souhaitent en outre renforcer le soutien à la décarbonation de l'industrie européenne, autre objectif majeur du texte, Anna Cavazzini affirmant que production "Made in Europe" et faibles émissions de CO2 "doivent aller de pair".

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