26/10/2026
Un constructeur automobile artisanal condamné à six ans de prison
Par Agence de presse AFP
(AFP) - Un constructeur automobile artisanal a été condamné vendredi à six ans de prison ferme pour avoir fabriqué et vendu des voitures non homologuées dans l'Aisne, escroquant plus d'une centaine de clients, qui n'ont pas reçu ou pas pu utiliser leurs voitures, a appris l'AFP auprès d'avocats.
Cette condamnation, qui suit les réquisitions du parquet, comprend également une interdiction définitive de gérer toute entreprise commerciale et une interdiction d'exercer une activité en lien avec l'automobile pendant cinq ans.
L'entreprise Forest Automobile avait démarré en 2022 avec l'ambition de produire dans un petit atelier de l'Aisne un modèle unique, la Forest, une voiture de loisirs légère et rustique inspirée de la célèbre Citroën Méhari, dont la fabrication a cessé à la fin des années 1980.
Mais dès 2024, des véhicules n'ont pas été livrés, malgré le paiement d'acomptes par des clients. Et parmi ceux qui ont bien reçu leur "Forest", la plupart n'ont jamais obtenu le feu vert des autorités françaises pour rouler avec, le véhicule n'étant pas aux normes. Puis l'entreprise a fait faillite en 2025.
L'ancien chef d'atelier de Forest Automobile est soupçonné d'en avoir été le gérant de facto alors qu'il était sous interdiction judiciaire de gérer une société depuis une condamnation en 2019. Il a été jugé début octobre à Laon (Aisne) pour escroquerie, mise en danger d'autrui par violation de sécurité ou de prudence, faux, usage de faux et tromperie, pratique commerciale trompeuse, blanchiment aggravé et banqueroute.
Son avocat, Me Emmanuel Ludot, a déploré vendredi une condamnation "disproportionnée", estimant qu'il n'a "mis en danger personne: il n'y a pas de blessé, pas de mort, c'est uniquement du matériel".
Il a indiqué à l'AFP qu'il comptait faire appel et déposer une demande de remise en liberté de son client, qui assure être un simple "mécanicien" dans l'entreprise concernée.
Me Gilles Hamadache, avocat d'une vingtaine de parties civiles dans ce dossier, s'est au contraire dit satisfait que "le tribunal ait suivi des réquisitions assez sévères", soulignant que le prévenu a tout au long du procès "minimisé la dangerosité des voitures" et son rôle dans l'entreprise.
"Il va passer plusieurs années en prison", et c'est "le plus important" pour les victimes, même si cela ne leur rendra pas leur argent, a-t-il souligné.
