Publicité
Publicité
Constructeurs - 31/05/2021

Voitures de luxe: un redémarrage exceptionnel après la crise

(AFP) - Des Lamborghini à 200.000 euros qui s'arrachent, des commandes "record" chez Ferrari, Rolls qui lance une voiture aux lignes de yacht au prix astronomique... Les voitures de luxe se sont vite relevées de la crise engendrée par le Covid-19.

Auteur : AFP

Partager cet article

Avec leur production confidentielle et leur clientèle aisée, "ces marques sortent généralement indemnes des crises, mais là elles ont affiché des baisses de ventes à deux chiffres", explique Felipe Munoz, expert pour le cabinet Jato Dynamics. 
La situation s'est toutefois fortement améliorée à partir du dernier trimestre 2020. "Ce n'était pas un problème d'argent, c'est juste que les acheteurs étaient bloqués chez eux. Ils ont reporté leurs achats", souligne M. Munoz.   

Les marques de luxe ont ainsi mieux encaissé les chocs de l'année 2020 que la plupart des marques généralistes. 
"Le luxe continue à vivre avec des codes et une clientèle très spécifiques", explique Guillaume Crunelle du cabinet Deloitte. "On est sur des comportements plus liés à des situations personnelles, à l'évolution des patrimoines, qu'à des tendances de marché".   

"Il y a beaucoup d'argent prêt à être dépensé", a déclaré le patron de Rolls-Royce Torsten Muller-Otvos dans un entretien à l'AFP. "J'ai été impressionné par le nombre de clients qui nous ont confié qu'avec le Covid, ils avaient compris qu'ils pouvaient mourir demain et que c'est maintenant qu'il faut profiter de la vie".   

La marque britannique a présenté jeudi un modèle très exclusif dont l'arrière évoque les lignes d'un yacht. Trois unités seulement ont pour l'instant été conçues. "Nous ne parlons jamais de prix dans les accords avec nos clients", souligne le patron de Rolls-Royce. "Mais les rumeurs selon lesquelles (le modèle précédent similaire)  Sweptail aurait coûté 13 millions de dollars étaient assez proches de la réalité", sachant que "la Boat Tail est beaucoup plus raffinée".
   
"SUVisation"
Chez Lamborghini, l'énorme SUV Urus (autour de 200.000 euros) a fait exploser les ventes depuis son lancement en 2018 : 7.430 voitures ont été écoulées dans le monde en 2020, la marque du groupe Volkswagen améliorant son record de 2019.
Ferrari avait vu ses ventes reculer de 10% en 2020, avec 9.119 bolides vendus, en raison d'un arrêt temporaire de ses usines, et a reporté certains investissements à cause de la crise. 
Mais le cheval s'est cabré à nouveau début 2021, avec des ventes tirées par la SF90 Stradale, sa première sportive hybride rechargeable, vendue un peu moins de 450.000 euros, et la Monza, sa biplace sans pare-brise estimée à 1,7 million d'euros.   

Ferrari a désormais un "carnet de commandes à un niveau record", a indiqué sa direction début mai. Dernière marque de luxe à ne pas proposer de SUV, elle espère passer la barre des 10.000 ventes avec son "Purosangue" prévu pour 2022.

Depuis quelques années, "les marques de luxe sont devenues sensibles aux grandes tendances de l'automobile, avec une +SUVisation+ et une électrification des gammes", souligne Guillaume Crunelle. 
En 2020, les voitures de sport n'ont plus représenté que 5% du marché du luxe, et les SUV ont dépassé les berlines en parts de marché pour la première fois, selon le cabinet Jato.
   
Vers la Chine
Au Royaume-Uni, Bentley et McLaren ont affronté la crise en licenciant des milliers de salariés au début de la pandémie.
Bentley (groupe Volskwagen) a fini par enregistrer un record historique de ventes sur l'année avec plus de 11.000 véhicules écoulés, dopées par les ventes du SUV Bentayga (un peu moins de 200.000 euros).   

Rolls-Royce a aussi été "durement frappée" en 2020. La marque constate cependant une forte reprise depuis la fin 2020 et a enregistré le "meilleur trimestre de ses 116 ans" début 2021, avec une "forte demande" pour sa berline au plafond étoilé, la New Ghost, et son SUV de 2,6 tonnes, le Cullinan. 
"La production de cette année est déjà totalement réservée", a souligné M. Muller-Otvos.   

Tout autant touchée en 2020, McLaren compte sur sa supercar hybride, l'Artura (230.000 euros) pour se relancer. Aston Martin, sauvée de la faillite début 2020, a vu ses ventes remonter au premier trimestre 2021 avec son SUV DBX.
Toutes ces marques de luxe vendent beaucoup en Europe et en Amérique du Nord, mais ont surtout vu leurs ventes accélérer en Chine.

"C'est la première zone d'accumulation de richesse dans le monde, et la voiture continue d'y être un discriminant social extrêmement fort", explique Guillaume Crunelle.
"En Chine, l'économie n'a pas été paralysée pendant des mois comme dans le reste du monde", souligne Felipe Munoz. "Avec de plus en plus de millionnaires et de milliardaires chaque année, cette tendance devrait se maintenir".

Partager cet article

Réactions

Envoyer cet article à un ami

Les champs suivis d’une astérisque sont obligatoires.

Oh la la, les gars je veux être le premier et dès le beau matin, à vous communiquer que j'épargne un maximum tous les mois pour me payer une Ferrari SF90 hybride rechargeable et au vu des délais je vais dans trois ans imprimer les cartons d'invitation pour la plus formidable boom qu'on a vu sur Paris et le Grand Paris...
Ce sera dans les quartiers qui craignent la pauvreté, Neuilly-Auteil-Passy !
Je vous donne une piste, vous connaissez l'hôtel particulier de Niel le patron de Free du côté de la Muette à côté du Bois de Boulogne....vous y êtes !! Il y aura quelques brésiliennes pour la couleur locale et la fête. et Il y aura aussi du champagne et du caviar à la louche.
Ceux qui roulent en Diesel même Mercedes classe S 350D toutes options ne seront pas invités...désolé ! J'invite des cousins teutons qui roulent Lexus.
Par contre si vous êtes en Toyota Prius PHEV vous serez prems !!
La Bretagne et un breton sera forcément dans la liste...

Durand Pierre, Le 31/05/2021 à 08:24

Merci à cet article, qui a le mérite d’être clair.
« On est sur des comportements plus liés à des situations personnelles, à l'évolution des patrimoines […]. »
« […] c’est maintenant qu’il faut profiter de la vie. »

Conclusion ?
L’exemple est donné par les riches — c’est un fait intemporel.
Les riches n’ont jamais été aussi riches — c’est un fait conjoncturel.
La CoVid-19 a créé un choc dans les esprits — c’est un fait unanimement observé.

La perception de la fragilité de la vie permet aux hommes de prendre conscience de leur nature.
Cette épreuve, via la pandémie actuelle, conduit les riches à surconsommer.
Cela tend à démontrer que les riches n’ont eu qu’une perception très modeste et relative de leur fragilité : s’ils avaient une perception pleine de celle-ci, la consommation de biens ne satisferait pas leur urgence de profiter de la vie. Ils la placeraient dans des valeurs sociales, spirituelles et culturelles plus épanouissantes.

Résultat : par leurs actes, les riches donnent pour signal aux moins riches : claquez votre pognon n’importe comment, faites cramer la planète ; de toute façon, la planète, on n’en a rien à foutre…
Et pour justification, ils ont leur patrimoine, qui n’a jamais été aussi élevé et dont on attend toujours qu’il ruisselle vers les pauvres…

On peine à entendre les riches dire merci aux banques centrales, qui ont lâché les brides monétaires : sans les flux massifs de capitaux, et le « quoi qu’il en coûte » généralisé, le système économique explosait. Le patrimoine des riches se contractait, et le pouvoir d’achat des pauvres s’effondrait ; encore plus pauvres, ces derniers auraient risqué de s’en prendre aux riches, n’ayant plus rien à perdre pour leur survie…

À force de repousser les limites de cette explosion, et d’en alimenter cependant les conditions favorables, les économistes en chef repoussent l’échéance des décisions douloureuses.

Le réchauffement climatique atteindra la barre fatidique des 1,5°C sans doute dans cinq à dix ans — voir novethic.fr.
Il faudrait, dès aujourd’hui, tout bloquer, pour espérer contenir ce réchauffement dans des marges raisonnables, puisqu’aucune décision n’a été prise depuis trente ans : la première faillite (!) des Lloyds date de 1995 ; on aurait pu l’anticiper par des mesures contraignantes qui auraient placé les réassureurs dans un carcan financier strict leur permettant de dicter leur loi à leurs clients. Au lieu de quoi, en sauvant les réassureurs, on a fermé les yeux sur les risques qu’ils couvraient.
Au fait, le rapport du Club de Rome date de 1972…

Vivement la CoVid-20 !
En 2022 ?

Christophe Montariol, Le 31/05/2021 à 09:29

Merci à cet article, qui a le mérite d’être clair.
« On est sur des comportements plus liés à des situations personnelles, à l'évolution des patrimoines […]. »
« […] c’est maintenant qu’il faut profiter de la vie. »

Conclusion ?
L’exemple est donné par les riches — c’est un fait intemporel.
Les riches n’ont jamais été aussi riches — c’est un fait conjoncturel.
La CoVid-19 a créé un choc dans les esprits — c’est un fait unanimement observé.

La perception de la fragilité de la vie permet aux hommes de prendre conscience de leur nature.
Cette épreuve, via la pandémie actuelle, conduit les riches à surconsommer.
Cela tend à démontrer que les riches n’ont eu qu’une perception très modeste et relative de leur fragilité : s’ils avaient une perception pleine de celle-ci, la consommation de biens ne satisferait pas leur urgence de profiter de la vie. Ils la placeraient dans des valeurs sociales, spirituelles et culturelles plus épanouissantes.

Résultat : par leurs actes, les riches donnent pour signal aux moins riches : claquez votre pognon n’importe comment, faites cramer la planète ; de toute façon, la planète, on n’en a rien à foutre…
Et pour justification, ils ont leur patrimoine, qui n’a jamais été aussi élevé et dont on attend toujours qu’il ruisselle vers les pauvres…

On peine à entendre les riches dire merci aux banques centrales, qui ont lâché les brides monétaires : sans les flux massifs de capitaux, et le « quoi qu’il en coûte » généralisé, le système économique explosait. Le patrimoine des riches se contractait, et le pouvoir d’achat des pauvres s’effondrait ; encore plus pauvres, ces derniers auraient risqué de s’en prendre aux riches, n’ayant plus rien à perdre pour leur survie…

À force de repousser les limites de cette explosion, et d’en alimenter cependant les conditions favorables, les économistes en chef repoussent l’échéance des décisions douloureuses.

Le réchauffement climatique atteindra la barre fatidique des 1,5°C sans doute dans cinq à dix ans — voir novethic.fr.
Il faudrait, dès aujourd’hui, tout bloquer, pour espérer contenir ce réchauffement dans des marges raisonnables, puisqu’aucune décision n’a été prise depuis trente ans : la première faillite (!) des Lloyds date de 1995 ; on aurait pu l’anticiper par des mesures contraignantes qui auraient placé les réassureurs dans un carcan financier strict leur permettant de dicter leur loi à leurs clients. Au lieu de quoi, en sauvant les réassureurs, on a fermé les yeux sur les risques qu’ils couvraient.
Au fait, le rapport du Club de Rome date de 1972…

Vivement la CoVid-20 !
En 2022 ?

Christophe Montariol, Le 31/05/2021 à 09:29

Houlala Christophe, on ressort la lutte des classes ?
Ce terme de "riche" punitif pointant du doigt leur responsabilité sur le réchauffement climatique, quel raccourci !
Dieu merci il y a quantité de riches, de très riches et d'immensément riches qui n'achètent pas de Ferrari, de Rolls et autres Bugatti, mais des Falcon 10X à 75 M$ le bout, des yachts à 100 / 200 M$ le bestiau. Ca fait travailler Dassault et les chantiers navals de Saint Nazaire, entre autres.

La jalousie est un vilain défaut et, une fois n'est pas coutume, j'aime bien la réaction de Durand.

Bruno Haas, Le 31/05/2021 à 10:23

« Le bonheur, c’est désirer ce que l’on a »
Saint Augustin

Jean-Michel Cavret, Le 31/05/2021 à 10:50

Ben dis donc ! C'est philoactu ce matin !
Le retour à la vie vous pousse à la dissertation ?
Néanmoins pour le regain de vent des caisses ostentatoires, ne cherchez pas trop dans le "vivons maintenant", l'argent magique qui est balancé dans le monde depuis 1 an à coup de centaines de milliard fini bien par arriver dans le commerce de détail à la fin et des fortunes se font dans la "santé" en ce moment...
;0)

Lucos , Le 31/05/2021 à 12:23

... Manière assez subliminale de dire que l'argent finit bien par "ruisseler", cher Lucos ?

Pour les amateurs "rageux" de la "carmagnole" ... ou ce genre de chose ....
La prévision de déficit budgétaire en 2021 de l'Etat est 220 Mds € (excusez du peu !)
Et 2022 s'annonce d'emblée un très bon cru ... !

Sans prendre parti aucunement, mais pour rester très factuel, les bénéficiaires de ce magistral déficit ne sont pas PRIORITAIREMENT les conducteurs de véhicules proposés par le secteur du luxe voire de l'ultra luxe automobile ... Les "pôvres" (si j'ose dire), par la force des choses, ils n'attendent pas après la redistribution des impôts ou autres cotisations pour "pétarader (ou pas) ... !

Après, dire que l'on vit dans un monde parfait ... Assurément non ! Loin de là même ...
... Cela dit la "perfection,"... "y en a qui ont essayés ... et y z'ont eu des problèmes" .... !

Quant au rapport de Rome de 1972 ou les prévisions de l'excellent René Dumont ...
Effectivement de sacrés "visionnaires" ...
Patience Mr Montariol, le gâchis social arrive avec plein de vos bonnes intentions ... Espérons que vous n'en ferez pas les frais ...!
;0)

Ade Airix, Le 31/05/2021 à 14:40

Votre commentaire

Vous devez être connecté pour publier un commentaire

Mot de passe oublié

Autres actualités

Edition du 31/05/2021

Résiliation Stellantis : la double incertitude des agents

La résiliation groupée des distributeurs VN et des réparateurs agréés de Stellantis fragilise des milliers d’entreprises et remet en question leurs décisions d’investissement. Pour les agents, l’incertitude sur leur avenir est double puisqu’il dépend aussi du sort de leur concessionnaire. Nous avons interrogé Florence Gete, présidente du groupement des agents Peugeot (GAAP) et Denis Baeza, président du groupement des agents Citroën (GNAC).

Réseaux

Entrée d’Aramis Auto en Bourse et grandes manœuvres dans l’occasion

Le fait que, cinq ans après que PSA ait pris dans l’entreprise une participation majoritaire, Aramis Auto s’apprête à entrer en Bourse a valeur de symbole. Cela indique l’importance pour l’automobile européenne du chantier de la professionnalisation du VO. Malgré une réussite éclatante, ses volumes restent encore relativement limités et montrent que le champ reste très ouvert et permet à une grande diversité d’acteur d’espérer réussir en ce domaine.

Analyse

Catégorie Constructeurs

L’industrie automobile s’inquiète de la prolongation des quotas d’importation d’acier

Les organisations européennes représentatives des constructeurs (ACEA) et des équipementiers (Clepa) contestent le bienfondé de la reconduction des quotas d’importation d’acier en Europe. Ils estiment que leurs intérêts sont sacrifiés pour privilégier ceux des aciéristes. La Commission européenne n’a pas confirmé cette décision encore soumise à la validation des Etats membres.

16/06/2021