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Services - 21/12/2021

Entre craintes et promesses, le Portugal attend toujours son lithium

(AFP) - Assis sur les premières réserves européennes de lithium, minerai essentiel à la transition énergétique, le Portugal attend début 2022 le verdict de l'autorité environnementale sur un important projet minier, qui suscite l'inquiétude des riverains et l'intérêt d'une filière industrielle naissante.

Auteur : AFP

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La semaine dernière, le groupe pétrolier portugais Galp Energia et le constructeur de batteries électriques suédois Northvolt ont scellé un accord pour construire au Portugal une des premières usines de raffinage de lithium d'Europe.

Pour un investissement chiffré à 700 millions d'euros, l'infrastructure devrait à partir de 2026 transformer assez de minerai pour produire les batteries d'environ 700.000 véhicules électriques par an.

Avec le nickel et le cobalt, le lithium fait partie du trio des minéraux les plus recherchés en ce moment sur la planète, car nécessaires à la production des voitures électriques de demain. L'Agence internationale de l'énergie estime que la demande mondiale de lithium augmentera de 42% entre 2020 et 2040.

Alors que la Chine contrôle plus de 40% des capacités de production et près de 60% des capacités de raffinage de lithium dans le monde, l'Europe veut réduire sa dépendance vis-à-vis de l'extérieur en relançant sa propre exploitation minière.

Si Galp et Northvolt ont décidé de construire une usine de raffinage de lithium au Portugal, c'est qu'ils comptent s'approvisionner en minerai auprès de la société britannique Savannah, qui affirme détenir dans le nord-est du pays "le plus important gisement de lithium d'Europe de l'ouest".

Mitiger les impacts
"Si les autorisations des régulateurs suivent leur cours normal, Savannah pourra commencer à produire en l'espace de deux ans", a expliqué son directeur David Archer, lors d'une visioconférence avec plusieurs journalistes basés à Lisbonne.

L'Agence portugaise de l'environnement devrait donner "au début de l'année prochaine" son avis sur la mine qui pourrait voir le jour dans la municipalité de Boticas, a confirmé vendredi son président Nuno Lacasta.

"Nous avons prévu 238 mesures destinées à éliminer ou mitiger les impacts tout au long de la durée du projet, qui coûteront environ 15 millions d'euros", assure le patron de Savannah, qui compte investir au total 110 millions d'euros pour extraire pendant une dizaine d'années le lithium nécessaire à plus de 500.000 voitures électriques par an.

Le projet reste pourtant très impopulaire auprès des près de 500 habitants de la commune de Covas do Barroso, où doit être creusée la mine.

"Nous savons déjà que c'est le pouvoir politique et économique qui décide", affirme à l'AFP Nélson Gomes, président de l'association "Unis pour Covas do Barroso", une région reculée connue aussi pour sa viande de boeuf.

Malgré son fatalisme, M. Gomes promet de "tout faire" pour stopper une mine qui, dit-il, "va détruire des terrains agricoles, dévier des ruisseaux et créer d'énormes crassiers".

La société portugaise Lusorecursos a cette année soumis elle aussi une étude d'impact environnemental pour ouvrir une deuxième mine dans la municipalité voisine de Montalegre qui, contrairement à celle de Savannah, devrait être dotée de sa propre usine de raffinage.

Dessein national
Et, encore la semaine dernière, l'entreprise portugaise Bondalti, filiale pour l'industrie chimique du centenaire groupe Mello, a annoncé s'être associée à des sociétés australiennes pour tester une nouvelle technologie de raffinage. Le but sera d'abord de traiter le type de lithium extrait des saumures d'Amérique du sud, et peut-être ensuite celui qui se trouve dans la roche granitique du nord-est du Portugal.

Saluant l'effervescence du secteur, le ministre portugais de l'Environnement et de l'Action climatique, Joao Pedro Matos Fernandes, a réaffirmé que "ce gouvernement n'a pas un projet de développement minier, mais bien un projet industriel fondé sur nos ressources naturelles".

Déjà repoussé à plusieurs reprises, notamment pour permettre la réalisation d'une "évaluation environnementale stratégique", l'appel d'offres international visant à attribuer les droits de prospection à huit autres gisements potentiels ne sera lancé qu'après les élections législatives anticipées du 30 janvier, a-t-il toutefois précisé.

"L'exploitation du lithium ne peut pas devenir un dessein national qui nous autoriserait à l'extraire n'importe comment ou à n'importe quel prix", s'inquiète pour sa part Nuno Forner, de l'ONG de protection de l'environnement Zero.

Ayant "beaucoup de réserves" concernant la mine de Savannah, il n'exclut pas une "surprise" de la part de l'agence environnementale, mais s'attend plutôt à ce qu'elle rende un avis favorable sous certaines conditions.

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Réactions

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Mitiger les impacts….pourvu qu’ils n’en trouvent pas en Bretagne(((

Alain Boise, Le 21/12/2021 à 08:11

Nous allons voir si les portugais préfèrent la cote de bœuf ou la cote du lithium en bourse. Je parie sur la cote de bœuf ...et pour monter les cotes ils préfèrent le diesel pour l'instant...et le prix du kWh est le plus cher d'Europe après le Danemark.
Galp et la riche famille des Melo cela commence à faire trop de vautours portugais autour (ils savent se tirer sur les pattes au même temps) sans parler des autres allogènes... et cela peut tourner en eau de boudin car pour Galp ils parlent de 2026 ...et aller travailler dans la mine (pire que d'être pauvre) ce n'est pas dans leur culture...ils veulent tous devenir "senhor Doutor" et rien d'autre.
Pour ceux qui lisent le portugais dans le texte il y a le quotidien "Publico" !!
Les portugais du nord ils ont aussi leur Bretagne et leur coiffe qui leur serre trop leur cerveau...plus le Porto avec et des fois le soleil tape trop fort !!
Les géologues portugais disent que leur lithium n'est pas rentable d'exploitation !!
Ils ne sont pas à une connerie près puisqu'ils ils ont adopté la culture en serre (forêts de plastique) du type espagnol pour faire pousser des avocats (je n'en mange plus du tout) qui bouffe toute l'eau de la péninsule qui est déjà en gros stress hydrique !
Ils sont au point de créer un nouveau business juteux, creuser des puis partout pour assécher toutes les nappes phréatiques !!
La centrale nucléaire espagnole à la frontière portugais s'arrête déjà pas mal de temps dans l'année par manque d'eau de refroidissement !!
Les portugais ce sont retournés vers les éoliennes (troisième en Europe) et cela fait joli en arrière plan des plages sur les cotes !
En ce qui concerne les retraités français qui ce sont rués sur le Portugal...il y a une grosse surprise...ils doivent payer des impôts maintenant !!
Ils vont retourner au Maroc...mais les imams les réveillent la nuit avec leurs hauts parleurs vers quatre heures du matin !! Qu'ils se convertissent et plus de problème !! Jusqu'à 2100 ils pourront rouler au diesel. Tout ce que je dis n'est pas dans le Guide du Routard !!
Si vous aimez le Covid aller faire du shopping de Noël !!

Durand Pierre, Le 21/12/2021 à 11:20

Alain,
Il y en a en Baie d'Audierne du côté de Tréguennec, gisement d'importance secondaire aujourd'hui, mais demain ?
;0)

Lucos , Le 21/12/2021 à 23:01

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