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26/02/2026

Friedrich Merz plaide pour une relation plus "juste" avec la Chine

Par Agence de presse AFP

(AFP) - Le chancelier Friedrich Merz a plaidé mercredi pour une coopération renforcée mais plus "juste" avec la Chine, au premier jour d'une visite chez le principal partenaire commercial de l'Allemagne, de plus en plus perçu dans son pays comme un dangereux concurrent pour le "Made in Germany".

M. Merz, arrivé à la tête d'une importante délégation de chefs d'entreprise, a appelé de ses voeux, au cours de ses entretiens avec le Premier ministre Li Qiang puis le président Xi Jinping, une discussion ouverte sur les sujets de désaccord cités avant son voyage : déséquilibre croissant des échanges en faveur de la Chine, distorsion de concurrence, restrictions d'accès aux marchés et sécurité des approvisionnements en terres rares sur lesquelles la Chine a la haute main, subventions de l'Etat aux entreprises chinoises, valeur de la monnaie chinoise...

"Il y a des défis, dont nous devrions parler aujourd'hui, mais le cadre dans lequel nous évoluons est remarquablement bon", a-t-il assuré à l'occasion de ses entretiens avec le président Xi.

M. Xi, qui reçoit les dirigeants étrangers les uns après les autres depuis quelques mois, a lui aussi affirmé son voeu de "nouvelles avancées" dans la relation.

Comme à ses précédents hôtes, il a déclaré que le monde traversait "la plus profonde transformation depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale". "Plus le monde est troublé et compliqué, plus il est important que la Chine et l'Allemagne renforcent leur communication stratégique", a-t-il insisté.

M. Merz effectue pendant un peu moins de deux jours sa première visite en Chine depuis sa prise de fonctions en 2025. Après les dirigeants français, canadien ou britannique, il est le dernier en date à effectuer le déplacement de Pékin, à un moment où le président américain Donald Trump bouscule l'ordre établi, à coups de droits de douane et de remise en question des anciennes alliances.

"La Chine est devenue incontournable pour tout le monde", a dit M. Merz avant son départ mardi.

Devant ses interlocuteurs, le président Xi présente invariablement son pays comme un partenaire fiable et constant et un champion du multilatéralisme et du libre-échange avec lequel leur pays a tout intérêt à traiter, dans une relation "gagnant-gagnant".

La Chine a elle-même livré en 2025 une âpre bataille commerciale et diplomatique aux Etats-Unis sous Donald Trump, qui est annoncé à Pékin fin mars.

L'Allemagne, première économie européenne, a subi ces derniers mois les effets des tensions globales, mais aussi la pression grandissante de la concurrence chinoise au détriment d'une industrie qui a fait la réputation de la place allemande.

M. Merz a voulu mercredi pour preuve des bonnes relations germano-chinoises le fait que les consultations intergouvernementales, interrompues par la pandémie de Covid-19 puis le changement de gouvernement à Berlin selon lui, reprendraient "très bientôt", probablement avant fin 2026 selon une source gouvernementale allemande.

Mais, a-t-il dit au Premier ministre dans le décor monumental du Palais du peuple dans le centre de Pékin, "nous avons des préoccupations très précises en ce qui concerne notre coopération, que nous souhaitons améliorer et rendre plus juste".

L'Allemagne, très dépendante des exportations et dont l'industrie a écoulé pendant des années sa production sur l'immense marché chinois, a vu considérablement diminuer les ventes de ses constructeurs automobiles en Chine. Elle se heurte de plus en plus à la compétition chinoise dans la haute technologie partout dans le monde.

Comme ses partenaires de l'Union européenne, l'Allemagne s'alarme de la poussée des véhicules électriques chinois et du déversement en Europe des excédents de production chinois.

Elle s'émeut de voir la Chine utiliser, dans la confrontation mondiale, les semi-conducteurs ou les terres rares, comme elle l'a fait en 2025, affectant sévèrement les chaînes d'approvisionnement, notamment de l'industrie automobile.

"Nous voulons et devons mener une politique de 'de-risking' (diminution des risques), cela ne vaut pas seulement vis-à-vis de la Chine", a dit M. Merz mardi, "mais ce serait une faute de lier cela à un découplage par rapport à la Chine, nous ne ferions que nous nuire à nous-mêmes".

Les entrepreneurs qui l'accompagnent, comme les patrons de Volkswagen, BMW et Mercedes, entendent "saisir les nouvelles oppportunités offertes par nos relations économiques", a-t-il dit mercredi.

M. Merz assistera jeudi à la présentation de véhicules autonomes par le constructeur Mercedes. Il se rendra ensuite à Hangzhou, pôle technologique, pour visiter le groupe de robotique Unitree et l'énergéticien Siemens Energy.

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