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19/02/2026

La diplomatie allemande appelle à trouver "un terrain d'entente" avec la France

Par Xavier Champagne

(AFP) - Le ministère allemand des Affaires étrangères est monté au créneau mercredi pour tenter d'arrondir les angles avec la France, deux jours après de vives critiques et au moment où l'Allemagne semble remettre en cause sa participation à un avion de combat commun.

"Il est crucial pour l'avenir de l'Union européenne que la France et l'Allemagne continuent à se tendre la main, que nous recherchions toujours le terrain d'entente malgré des points de vue parfois divergents", a affirmé Johann Wadephul, dans une déclaration transmise à l'AFP.

Et de plaider pour que les deux pays "avancent courageusement sur cette base, notamment en soutenant l'Ukraine et en défendant ainsi notre liberté à tous", deux jours après avoir vertement critiqué Paris pour ses dépenses de défense insuffisantes.

Ces dernières semaines, les sujets de friction se sont accumulés entre Paris et Berlin, à commencer par l'accord commercial entre l'UE et le Mercosur, reporté en début d'année à la joie de la France et de ses agriculteurs mais au grand dam de l'Allemagne et de son industrie automobile qui espérait de nouveaux débouchés en Amérique latine.

Lundi, M. Wadephul a carrément appelé la France à "faire des économies", notamment "dans le domaine social" pour "disposer de la marge de manoeuvre nécessaire pour d'atteindre l'objectif central d'une capacité de défense de l'Europe".

Il a aussi rejeté l'appel de président français à une forme de mutualisation européenne de la dette et rappelé que les dépenses de défense promises à hauteur de 5% du PIB sont des "engagements de dépenses nationales", et non européennes.

Mercredi, nouveau pavé dans la mare, avec le projet de système de combat aérien du futur (Scaf), lancé en 2017 par Emmanuel Macron et Angela Merkel et que le chancelier allemand semble vouloir enterrer.

Friedrich Merz a en effet publiquement douté des perspectives de ce projet, en panne depuis des mois sur fond de tensions germano-françaises et entre Airbus et Dassault.

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Par Xavier Champagne

Xavier Champagne est chef de rubrique chez Autoactu.com, qu’il a rejoint en 2008 après plus de dix ans au Journal de l’Automobile où il était rédacteu... voir plus

Réactions

Pas grand chose à voir avec l'Automobile, mais article intéressant quand même.

M. Wadephul a carrément appelé la France à "faire des économies", notamment "dans le domaine social"
Qu'il est bien ce monsieur Wadephul !

Ce qui est le plus surprenant dans la position du chancelier à propos du SCAF, c'est qu'il met en avant la base même de son cahier des charges qui est connu depuis 2018 : la nécessité de l'avion d'être embarqué et de pouvoir emporter l'arme nucléaire. Pourquoi avoir signé alors ?
En revanche, on aurait du mal à reprocher aux allemands de conseiller à la France de commencer à gérer un tout petit peu ses finances.

@Yves, bonne remarque concernant la volte-face de Merz qui ne sait pas comment s'opposer aux dictats de Dassault se vantant de fabriquer le meilleur avion du monde (à tort ou à raison).
Comme toujours, les Allemands achèteront américain et les Français voleront français. Dans tous les cas, les plus efficaces resteront ceux qui pourront fournir des milliers de drones par jour.
Quand on voit la danse des robots humanoïdes (humains ?) fabriqués par les Chinois pour fêter leur Nouvel An (voir les vidéos absolument), on a du souci à se faire, tant les Allemands que les Français. Plus besoin de porte-avions ni d'avions ultra performants, ultra chers, et surtout ultra vulnérables car pilotés par des humains.

@Bruno. Même si on peut se poser la question de savoir si Dassault est capable de fabriquer le meilleur avion de combat du monde, il ne fait aucun doute que cette société est nettement plus capable que Airbus Defense (Allemagne et Espagne) dans ce domaine.
Sans compter le fait qu'il avait été clair dès le début que l'Allemagne prenait le lead total sur le MGCS (futur char de combat) et qu'en contrepartie Dassault le prenait sur le SCAF.
Au vu du marché potentiel qui apparait maintenant sur le SCAF, il est logique que l'Allemagne veuille reprendre le lead sur ce projet en espérant obtenir des USA le feu vert pour ensuite le vendre à tous les pays européens alignés à 100% sur les décisions américaines.
C'est d'ailleurs dans la droite ligne de la décision de Berlin de pousser pour que les exportations d'armements français soient soumis à son approbation via la Commission Européenne : après avoir assis sa domination économique sur l'Europe, Berlin souhaite en faire autant dans le domaine politique et militaire. Il ne s'agit ici que de la défense d'intérêts nationaux bien compris, à l'inverse de la France qui, depuis des années, fait passer les intérêts des autres devant les siens.

@Yves, 13:44
Entièrement d'accord avec votre analyse.

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