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29/01/2026

Le fabricant de pneus reconditionnés Black Star demande son placement en procédure de sauvegarde

Par Agence de presse AFP

(AFP) - Black Star, qui assure être le dernier fabricant français de pneus reconditionnés et emploie près de 150 personnes entre l'Isère et le Pas-de-Calais, a demandé mercredi son placement en procédure de sauvegarde, a appris l'AFP auprès de son directeur général.

Une audience aura lieu vendredi devant le tribunal de commerce d'Arras (Pas-de-Calais), a précisé le directeur général, Laurent Cabassu.

L'entreprise, qui a repris en 2021 l'ancienne usine Bridgestone de Béthune, a demandé une période d'observation de quatre mois, durant laquelle son actionnaire Mobivia s'engage à maintenir son soutien financier.

Le fabricant de pneus espère sur cette période trouver un repreneur.

Plusieurs contacts ont eu lieu ces dernières années, mais "ça n'a pas abouti" en raison du déficit structurel de l'entreprise, selon Laurent Cabassu.

Black Star a enregistré une perte de 6,7 millions d'euros en 2024, puis de 8,5 millions d'euros en 2025, malgré un chiffre d'affaires en hausse.

La société emploie une vingtaine de personnes dans son usine historique de Vienne (Isère) et environ 130 à Béthune, dont 40 anciens de Bridgestone.

La reprise de l'usine Bridgestone de Béthune, qui employait encore 860 personnes à sa fermeture en avril 2021, en avait fait un dossier emblématique.

Agnès Pannier-Runacher, à l'époque ministre de l'Industrie, avait salué un projet qui "(posait) les bases d'une filière de pneus reconditionnés bénéfique pour l'environnement".

S'ils ne sont pas reconditionnés, les pneus en fin de vie finissent pour la plupart brûlés, a rappelé mercredi M. Cabassu.

Black Star revendique 60% de matière réutilisée dans ses pneus produits à Béthune. Mais l'entreprise paie actuellement 9 euros par pneu usagé, dit "carcasse", souligne son patron, un coût trop important pour l'entreprise qui vend ses pneus 45 euros pièce à l'issue d'un long processus de rechapage.

La société souhaite pouvoir obtenir gratuitement ces carcasses, qu'elle doit ensuite râper avant d'y apposer une nouvelle bande de roulement et de la mouler.

Black Star souffre en outre, selon M. Cabassu, de la faible application d'une loi de 2020 qui impose aux services publics d'acheter prioritairement des pneus rechapés.

Enfin, l'entreprise est victime, selon son directeur général d'un "dumping" des entreprises chinoises, qu'il dit faire l'objet d'une enquête de la Commission européenne. Mais les conclusions de celle-ci, attendues pour la mi-2026, n'arriveront pas à temps pour permettre à Black Star de se redresser sans procédure de sauvegarde, selon M. Cabassu.

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Par Agence de presse AFP

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