Marchés - 25/05/2020

Plan de relance : le CNPA demande un budget de 1 milliard d’euros pour la prime à la conversion

Après 2 mois de confinement, le CNPA estime que la priorité est l’écoulement des stocks des réseaux composés à 95% de véhicules thermiques. L’organisation patronale milite pour l’intégration dans le plan de relance d’une prime à la conversion de 2.000 euros, sans condition de ressources, pour l’achat de véhicules neuf ou occasion Euro 6 essence ou Diesel.

Plan de relance : le CNPA demande un budget de 1 milliard d’euros pour la prime à la conversion

Paris en mars pendant le confinement

Auteur : Florence Lagarde
Directrice de la rédaction et Directrice de la publication

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"Il faut une relance massive et globale. Pour une relance de la filière auto il faut libérer les parcs et les stocks", a dit le président du CNPA, Francis Bartholomé, lors une conférence téléphonique la semaine dernière.
Le CNPA estime le nombre de véhicules en stock dans les concessions automobiles (non immatriculés et immatriculés) à "environ 4 mois de vente soit une immobilisation de trésorerie correspondante de l’ordre de 10 milliards d’euros".

En nombre, selon les estimations que nous avons pu recouper, les stocks des réseaux à la fin du confinement seraient entre 800.000 et 1 million de véhicules avec environ moitié neuf, moitié occasion. Dans les deux cas, très peu de véhicules électriques ou hybrides rechargeables et essentiellement des véhicules thermiques (96% pour les VO, 90% pour les VN, selon le CNPA).
Dans ce contexte, un plan de relance qui ne concernerait que les véhicules électriques ou hybrides rechargeables, ce serait "un coup d’épée dans l’eau", estime Francis Bartholomé.

Il y a également l’épineuse question des véhicules Diesel que nombre de députés de la majorité et d’une manière générale la classe politique ne veulent surtout pas subventionner.
L’analyse des stocks selon des données fournies au CNPA par l’Argus (via ses outils de gestion VO) montrerait que "sur un panel de 22 000 professionnels de l’automobile (concessionnaires, agents, marchands, garages), les stocks détenus par les concessionnaires sont constitués à 52% de véhicules Diesel, à 44% de véhicules essence, 3% de véhicules hybrides, et 1% de véhicules électriques".
"Nous comprenons la relance décarbonée mais nous demandons que l’on n’oublie pas le véhicule d’occasion. Il faut que les véhicules thermiques Euro 6 soient aussi dans la prime à la conversion. C’est un sujet global et il faut savoir être pragmatique", a dit Francis Bartholomé.

Le CNPA demande ainsi l’intégration dans le plan de relance automobile d'une prime à la conversion qui reviendrait à la version de 2018, soit une prime de 2.000 euros sans condition de ressources. Cela redonnerait incontestablement de l’efficacité à un dispositif qui n’en a plus depuis que cette prime est réservée à ceux dont le revenu fiscal de référence par part est inférieur 13.489 euros.

Le CNPA plaide également pour un élargissement (très conséquent) des VO qui pourraient être achetés avec une PAC aux véhicules normes Euro 6 qui représentent 70% des VO en stock, selon les données de l'Argus. Actuellement, elle est réservée à l'achat de VO de moins d’un an (immatriculé depuis le 1er septembre 2019) alors que la norme Euro 6 est entrée en vigueur en septembre 2014 (septembre 2017 pour la norme Euro 6c).

Le CNPA demande également un élargissement très sensible de l’éligibilité des véhicules mis à la casse qui intégrerait "les véhicules immatriculés jusqu’en 2011" sans distinguer les véhicules essence (actuellement d’avant janvier 1997) des Diesel (actuellement d’avant janvier 2006).
Le CNPA demande également une meilleure intégration des VUL dans ce plan de relance.

Ces dernières semaines, le CNPA a régulièrement porté cette demande auprès des représentants du gouvernement lors des réunions hebdomadaires de la filière, a dit Francis Bartholomé : "La première fois que j’ai parlé d’inclure les véhicules Euro 6 y compris les Diesel, je me suis fait remonter les bretelles. Les choses ont bien évolué depuis. Les industriels nous suivent, les équipementiers aussi."
"Une relance massive sur 5% du marché, c’est un coup d’épée dans l’eau c’est une évidence, la réflexion est admise. On ne remettra pas en fonction la filière si l’aval est engorgé par des véhicules thermiques, cela ne débloquera pas la situation."

Alors que le déficit budgétaire français est déjà de 185,4 milliards d'euros dans la deuxième loi de finances rectificative, que le gouvernement en prépare une troisième, quel sera le budget qui devra être consacré à ce plan de relance automobile ?
"Nous pensons qu’il faut 1 milliard d’euros que sur la prime à la conversion alors que le gouvernement prévoit 1 milliard pour l’ensemble du plan", nous a répondu Francis Bartholomé. Le CNPA reconnaît que c’est une somme importante mais compare avec les 18 milliards d’euros du plan tourisme.
"Ce que nous avons dit est très simple. Au moment où on a besoin d’une relance massive, il ne faut pas confondre avec un projet de loi de finances classique. Si le plan est trop restrictif il ne règlera pas la thrombose au niveau des canaux de distribution", insiste Xavier Horent, délégué général du CNPA. "Il faut déstocker pour ramener du cash dans les affaires et éviter les faillites."

Se basant sur une enquête réalisée auprès de ses adhérents, le CNPA estime qu'il y aurait "30% des entreprises du secteur qui risquent la faillite, ce qui mettrait en jeu 40.000 à 50.000 postes, si les mesures adéquates n’étaient pas mises en oeuvre". "50.000 postes c’est l’équivalent de plusieurs usines", souligne Xavier Horent.
Le CNPA milite également pour que les transactions VO qui bénéficient de cette prime passent par les professionnels pour qu’il y ait "une récupération de la TVA et une traçabilité totale de la destruction des véhicules et qu’il n’y ait pas de circulation de pièces de réemploi que l’on ne maîtrise pas", a dit Francis Bartholomé.

Le CNPA a demandé aussi d'autres mesures de soutien à la demande telles que : une baisse de la fiscalité sur les prestations du contrôle technique et la réparation automobile dans le cadre de visites non obligatoires ; une baisse de la fiscalité sur la vente de pièces de réemploi ; l’instauration d’un "Chèque réparation" de 100 euros sans condition de ressources pour les véhicules de plus de 5 ans ; la mise en place d’un "Chèque Tourisme" qui pourrait intégrer la location de véhicules de courte durée.

Le plan automobile doit être annoncé ce mardi 26 mai par le Président de la République.

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