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Chronique - 02/05/2024 - #Bmw , #Hyundai

Cable-car

Par Jean-Philippe Thery

Cable-car
Je déteste les câbles…

Je me suis encore frotté à l’électrique. Et je n’arrive toujours pas à déterminer si ça me chatouille ou si ça me gratouille…

Je déteste les câbles.

A tel point que chez moi je les ai tous domestiqués au serflex, de l’écran d’ordinateur aux lampadaires halogènes, en passant par le combo TV-chaîne Hi-fi. Inutile de chercher, aucun n’a échappé à l’enroulement en cercles soigneusement calibrés, ni à la contrainte par collier de serrage nylon interposé. Il n’y a guère que celui de l’aspirateur qui cherche désespérément à rentrer dans son logement quand je l’en extirpe lors de la séance de ménage hebdomadaire, m’obligeant à effectuer un nœud provisoire pour le maintenir en place. Et même si je me doute bien que le cliquet d’arrêt de l’enrouleur est cassé, rien ne m’ôtera de l’idée qu’il a la pétoche. D’ailleurs, il est bien connu que les reptiles fuient, et les câbles ne peuvent cacher leur lien de parenté avec la gente serpentine.

Mais celui que j’ai vainement tenté de maintenir à distance il y a quelques jours, en l’extirpant de son emplacement dédié dans le coffre de la voiture avait sans aucun doute décidé de venger ses semblables ondulants. Il était pesant, d’un diamètre et d’un format inconnus à mon domicile, et tentait sournoisement de s’approcher de mes vêtements -de couleur claire, évidemment- avec l’intention évidente de les maculer. Une perspective d’autant plus déplaisante que l’épaisse couche noire formant une gaine de crasse témoignait de façon irréfutable de séjours répétés en divers caniveaux. 

Le pire, c’est que cette opération de chargement-là était totalement inutile. Avec le SOC ("state of Charge") à environ 65%, la batterie était en effet très loin d’être en manque, et comme je n’avais guère prévu que de circuler en ville le lendemain, l’accouplement du SUV électrique avec le chargeur se proposant de lui délivrer sa dose d’alternatif était totalement superfétatoire. Mais en dehors de la place de stationnement vacante à quelques mètres à peine de l’entrée de mon immeuble dont il m’était ainsi permis de profiter, il me fallait aussi impérativement vivre l’expérience d’une connexion avec le réseau public de chargement berlinois dans la perspective d’une certaine chronique. Les sacrifices auxquels on se livre pour informer ses lecteurs…

Ça m’a coûté 19,11 euros, dont 7,14 euros de stationnement, puisque j’ai laissé l’auto parquée durant 357 minutes au-delà des 240 minutes de tolérance, alors que la batterie débordait d’électrons par la goulotte de la trappe à chargement. Pour le reste, je n’ai pas tout compris entre le dépôt de garantie de 50 euros remboursés 7 jours après (de peur sans doute que je n’emporte la borne pour l’accrocher aux murs de mon appartement) et la prise dont je suis à peu-près certain qu’elle n’était pas retenue par le chargeur pour avoir réussi à la désengager alors que la distribution de kW avait commencé. Ayant dû répéter l’intégralité de la procédure de paiement, j’ai donc renoncé à une nouvelle vérification en pariant sur l’honnêteté de mon prochain, et surtout sur son manque d’intérêt pour les cordons électriques.

Je l’ai surnommé "la cabine de téléphérique" en raison de son format, et l’"armoire électrique", en raison …de son format (et de ses motorisations, cela va sans dire). Mais ça, c’était surtout pour agacer ma douce moitié qui a adoré "notre" BMW iX1 les quelques jours durant lesquels nous en avons disposé. D’abord parce que c’est un SUV et qu’elle aime prendre de la hauteur en voiture, surtout que du siège passager qu’elle occupe en permanence, elle se fiche pas mal des considérations dynamiques propres au conducteur. Mais aussi en raison de la bande son, ce qui prouve son éclectisme puisqu’elle apprécie tout autant les grognements et borborygmes de notre quatre cylindres turbo habituel que le sifflement très Sci-Fi accompagnant les montées en régime des deux moteurs. Et avant que vous ne songiez à froncer les sourcils, sachez que c’est Hans Zimmer en personne qui l’a signée, le compositeur oscarisé de musique non pas de chambre mais de films, au rang desquels Interstellar, Dune et Inception pour rester dans le registre de l’anticipation. Néanmoins -et que le Meister me pardonne- ce qu’a surtout kiffé Madame Thery, ce sont les accélérations.

Ce n’est pas le moindre des paradoxes que la plupart des EVangélistes mettent en avant les sensations provoquées au démarrage par le couple immédiatement disponible des propulseurs électriques, brandies telles un drapeau comme preuve irréfutable de la supériorité des VE sur leurs équivalents à motorisation thermique. A bord de l’un d’entre eux, scotcher la pédale du potentiomètre au surtapis se traduit en effet par une grosse dépense d’énergie, peu compatible avec le discours de sobriété qu’ils sont supposés promouvoir, surtout s’agissant de mettre en mouvement la masse rendue conséquente par une batterie dont une bonne partie des kWh qu’elle emmène sert à se mouvoir elle-même. 

Mais laissons les arguties écolos (ou pas) de côté pour reconnaître que le Grand Prix des feux rouges en version électrifiée, c’est tout de même rigolo. Surtout qu’avec la réponse instantanée de l’accélérateur, le délai de réaction se limite à celui du conducteur, le temps que la lumière verte s’imprimant sur sa rétine se transforme en mouvement du pied droit. Le résultat est plutôt sympa, permettant de laisser sur place n’importe quelle thermique dont l’équipage mobile et la distribution peinent à concurrencer l’instantanéité du couple rotor-stator, mais dont les tenants du zéro émissions se gardent bien de commenter le caractère addictif, sans doute pour mieux en savourer secrètement les grisants effets. Je doute que quiconque ait songé à financer une étude "premiers mètres" sur les comportements comparés des conducteurs de thermiques et de VE au démarrage, mais si je m’en tiens à l’échantillon pas forcément représentatif de ma petite personne, il n’est pas sûr que la protection de la planète s’en trouve grandie, à moins bien sûr que les hurluberlus de mon genre ne finissent par se calmer à l’usage.

L’embêtant, c’est qu’on est vite hors cadre légal en ville passés les quelques dixièmes ne secondes initiaux, mais surtout que malgré -ou peut-être à cause de- la poussée continue, ça devient progressivement moins intéressant sur route ouverte. En l’absence de la dimension dramatique générée par les vibrations et le feulement de la mécanique comme des ruptures de charge interrompant les montées en régime au passage des rapports, l’expérience paraît aseptisée, d’une efficacité dénouée d’émotion. C’est sans doute pour ça que je me suis surpris à moduler l’écrasement de la pédale, non seulement pour retirer un peu de brutalité aux accélérations, mais aussi sans doute pour redessiner une courbe de couple tout aussi progressive qu’imaginaire. Je n’ai d’ailleurs jamais ressenti en ville le besoin de déclencher le boost mis à disposition par l’unique palette située à gauche du volant, alors qu’il s’en est fallu de peu pour que je n’émette des "vroum-vroum" verbaux en faisant mine de changer de vitesse. Ne rigolez pas, c’est exactement ce que propose Hyundai avec sa Ioniq 5 N simulant le comportement d’un moteur essence.

Pour le reste, que puis-je vous raconter de ces 10 jours en iX1 ? Sans doute que celui qui est devenu le plus compact des modèles électriques de la marque depuis le retrait de la i3 est une excellente voiture, et que je pourrais tout à fait rouler en électrique au quotidien, même si mes goût personnels me porteraient plutôt vers le Gran Coupé i4, n’en déplaise à Madame. Même si je devais abandonner la rame de tramway du M10 pour une "cable-car", ce ne sont en effet pas les 5,5 km séparant mon domicile du bureau qui me causeraient des "anxiétés d’autonomie", puisque ne consommant guère que 2% des capacités de la batterie, d’autant plus que le parking souterrain à destination est amplement équipé en chargeurs.

Restent les weekends et périodes de vacances, obligeant selon les distances à planifier les indispensables arrêts câblés, exercice auquel j’admets n’avoir pas encore pris goût. Mais l’honnêteté m’oblige tout de même à reconnaître que si je n’ai pas encore effectué ma transition, c’est sans doute principalement par goût. Parce que si les accélérations de mon auto thermique ne présentent pas la même soudaineté lors des départs arrêtés que les voitures branchées, je ne suis malgré tout pas encore rassasié de la théâtralité orchestrée du fond de ses entrailles de sa mécanique.

Bon, je vous laisse, mon ordinateur venant de passer en mode éco. Je crois bien que j’ai oublié de le brancher…

Réactions

Effectivement, la propreté du câble reste un sujet assez délicat, pour ma part, je ne fais quasi exclusivement que des charges en parking fermé. Il n'y a qu'en extérieur que les intempéries posent effectivement ce souci. Mais avec un peu d'habitude et une bonne paire de gants, on s'en sort.

Il est vrai qu'on perd avec l'électrique cette personnalité propre au moteur thermique... Néanmoins pour ma part je trouve la conduite globalement tellement plus zen. J'ai tellement pesté contre des embrayages, carto pédale et étagement 1ere-2eme en ville et dans les bouchons... Finalement le caractère linéaire du moteur électrique est en réalité bien plus adapté à ces phases de conduite.

En tous cas plus j'en utilise et plus je suis convaincu.

Au final, la vérité -ou le plaisir- est ailleurs en cable-car...

Parlez nous de la propreté des stations services surtout pour le gazole …..mdr

Je le redis, pourquoi toutes les bornes ne sont-elles pas maintenant équipées de leur câble de recharge comme tous les superchargeurs ? Vous imaginez-vous voyager avec un tuyau à brancher quand vous faite le plein de votre thermique ? Ceci reste probablement une réminiscence du manque de normalisation des prises aux débuts du VE qui imposait d'avoir "sa" prise dans le coffre.
Le câble aujourd'hui c'est la roue de secours de la charge en cas de nécessité et en absence de superchargeur à l'horizon. D'ailleurs il prend la place de la roue de secours dans beaucoup de VE ! De plus il faut idéalement 2 câbles, un type 2 pour les bornes lentes et un avec chargeur maison en prise 16A (Chargeur limité à 8A max en France par ERDF pour des raisons de sécurité..10A en Allemagne)
Pour la Fiat 500e impossible de se salir, le câble est jaune et donc on voit tout de suite quand il est sale.. Le mien est sous le plancher du coffre depuis 1 an sans sortir.
Pour finir le PB n'est pas ce câble ou le nombre de bornes, mais bien que beaucoup de bornes sont en panne ou que la connexion à votre véhicule et/ou la charge est impossible alors que vous avez la carte qui va bien partout ailleurs et que la hotline du fournisseur vous confirme que ça devrait marcher après 3 ré-initialisations de la borne à distance...
;0)

Parlez nous aussi des révisions hors sol,des vannes EGR,des injecteurs défaillants,des filtres à particules ,des boites à reprogrammer…..j’ai un liste à la Prevert

Luc je charge à 13A sur une Greenup,pas de soucis,je récupère 20/25 km par heure de recharge et je range mon câble à chaque fois comme sur ma Prius rechargable.
Le bonheur en effet c’est les supers chargeurs ,99% de disponibilité,13Centimes en HC moins cher qu’à la maison….et comble de tout un jus 100% Gaulois a 40g de CO2 par KWh,à chaque fois que je charge je me dis tiens voila 50 litres que Fuckputine n’aura pas))))

Tiens ! Pour ceux que ça intéressent, qui ont le temps et qui trainâssent devant leur café ce matin, je vous remets une longue tranche de vie en VE que j'avais commise l'été dernier... La situation n'a pas vraiment changé...
;0)

Bornes to be Bad !

Le convoyage d'un véhicule électrique de sa zone de cabotage habituelle vers sa nouvelle zone de vie devrait être une simple formalité avec les presque 100 000 bornes de recharge installées maintenant en France. Et pourtant ce fut plutôt laborieux et surtout très révélateur d'une situation étonnement dramatique !

Ce jeudi matin je pars de chez moi à bord de la Fiat 500e de Madame, version "grosse batterie" 42 kWh chargée à 100% sur la prise du garage, pour un périple de 636 km en direction du sud-ouest.
Avec son autonomie pratique de 240 km en cruisant à 110 km/h, il devrait théoriquement me falloir 2 ou 3 recharges intermédiaires pour atteindre mon but.
L'esprit joueur et n'ayant aucune contrainte de temps, je me décide de le faire à l'ancienne, sans utiliser l'appli de la voiture ou celle de ma carte Chargemap qui organisent habituellement au mieux les arrêts de charge.
Allons-y en naturel et j'aviserai au gré du temps et du niveau de la batterie.
Et même mieux, l'esprit curieux, je vais en profiter pour voir un maximum de bornes de recharge, histoire de découvrir l'état du réseau sur ce trajet que je vais dorénavant pratiquer plus souvent.
Je traverse donc au préalable le Perche par ses petites routes sylvestres avec ma compagne de route italienne rose poudrée (Rose Gold), la même que Di Caprio, mais version dans laquelle le chien ne peut pas emporter son bâton.
Allure de sénateur, régulateur sur les limites de vitesses, accélérations façon TGV sortant de la gare de l'Est et nous voilà sur l'A11.
Premier arrêt à la station de la Ferté-Bernard pour prendre un café et voir ses bornes.
Une rangée de cinq Ionity m'attendent en plein soleil juste à gauche après la station des thermiques.
C'est encore l'été caniculaire, ça cogne dur, grand soleil et 34° au tableau de bord, et pas de toit pour apporter une petite ombre salutaire. Il n'y a personne, je me gare à la première borne. Je descend pour connecter la voiture,... écran noir, coins carrés, elle est en panne ! Ça commence bien !
Je déplace donc la voiture de Barbie à la borne 2, qui elle fonctionne, mais dont l'écran est à peine lisible au soleil. Je démarre la procédure de charge autant que je puisse lire les instructions, connecte la prise Combo (ou CCS pour les intimes) et ça plante, pas d'identification de ma carte Chargemap.
Je refais la manœuvre, nouveau plantage. Il fait bien chaud sous ce soleil de plomb et cela devient franchement désagréable.
Au 3ème essai, allelujah, identification réussie, ça charge !
Le superchargeur ne débite que 13 kW, car à s'amuser à tester toutes les bornes de l'autoroute, je suis illogiquement en train de recharger une batterie qui est pleine à plus de 80% !
Pour ceux qui avaient encore jusqu'à la date fatidique de 2035 pour le savoir, charger un véhicule électrique est très exactement comme faire sa valise pour partir en voyage.
Au début cela va très vite et facilement en jetant dedans ses vêtements par paquets de douze, ensuite il faut tasser pour que ça rentre et finalement s'asseoir dessus pour glisser la dernière chaussette.
Pour les chargeurs c'est tout pareil, à 80% ça commence à tasser au fond des cellules et la charge ralentie sérieusement et au dessus de 90% il faut carrément oublier et arrêter la charge qui devient super lente et demanderait 20 minutes pour les 10% restants, alors que tout le reste n'a pris que..20 minutes !
De façon pratique, 85% semble être le compromis limite raisonnable entre la quantité chargée et le temps passé à le faire. Les autonomies annoncées des VE sont donc de fait toutes fausses et il faut par principe les amputer de ces 15% logiquement inexploitables sur un long trajet et plus particulièrement sur autoroute. Ce que font d'ailleurs les applis.
Mon expresso bio au prix d'un litre de gazole terminé, (Le choix expresso en grains pas bio était en panne !) je reprends la route, direction Tours par l'A28.
Je suis en approche de la station Sarthe-Touraine, que je connais plutôt bien, et dont je ne me souviens pas y avoir jamais vu une borne, usager de thermiques monomaniaque que j'étais... avant !
Je vais donc jeter un oeil et découvre une unique borne un peu piteuse et mal signalée devant l'entrée arrière du bâtiment de la station. Le type de borne déjà ancienne qu'on a mise là parce-que politiquement il le fallait bien à une époque encore récente.
Trois prises à bord, une Combo, une type 2 et une CHAdeMO pour les Japonais qui rentrent de vacances.
La voie du parking devant la borne est très étroite et je n'ose imaginer la queue devant cette borne le 15 août !
Je vais pour brancher le barnum et vois un mot sur un vieux bout de papier mal scotché au dessus de l'écran trop bas et quasi illisible au soleil : "Combo et Chademo HS" !
A la couleur du papier et à l'état de décomposition du scotch, on devine que la panne est déjà bien ancienne et que personne ne semble s'en être occupé pendant tout l'été.
Je branche donc par dépit la prise qui reste et j'aperçois que ça charge de suite sans badger la borne ??
Ben tiens ? C'est en 11kW (Limite maxi de la 500e en type 2) et bizarrement gratuit ?
Je vais dans la station vaquer à quelques occupations personnelles et soulageantes et quand je reviens, la quantité chargée est symbolique, mais c'était pour voir et de toutes façons, comme disent les chameaux à Ouarzazate, il faut jamais perdre une occasion de biberonner avant d'attaquer la dune ! Ca tombe bien je vais dans les Landes !
Une Hyundai Kona arrive à cet instant et j'indique à son conducteur que la partie Superchargeur est HS en lui passant fraternellement la prise type 2 rescapée. Grosse déception, il est complètement vide et va devoir attendre une bonne demi-heure pour en avoir assez et atteindre Tours à 40 km de là pour trouver une borne correcte...et qui fonctionne !
Ça grogne devant la borne et la gratuité du jour ne peut effacer une visible colère retenue.
Je zappe quelques stations sur l'A10, je ne vais pas toutes les faire quand même, je ferai le guide un autre jour, et arrêt suivant à la station Ste Maure de Touraine.
J'arrive seul devant un alignement parfait de belles bornes Total flambant neuves qui me tendent leurs câbles bien à l'ombre sous un superbe toit.
Je me gare devant la première, descend pour connecter et devant moi… écran gris coins carrés, elle est en panne !
Toutes les autres bornes fonctionnent !
Surtout ne pas jouer au loto aujourd'hui !
Je manœuvre la Candy car goût framboise pour changer de nouveau de borne.
Connexion super facile, procédure simple avec des grands écrans bien lisibles à l'ombre et la charge démarre plein pot en 85 kW (Limite de la 500e en Combo) pour remettre tous les électrons de l'autre côté.
A ce sujet, il faut bien demander les limites de charge d'un VE avant de l'acheter, les commerciaux ne vous diront rien car la plupart du temps ils ne les connaissent pas ou jouaient avec leur smartphone pendant la formation produit du constructeur.
Enfin une vraie station chez Total Energie ! C'est pro et organisé comme pour la station des voitures du 20ème siècle à côté, et surtout, suprême bonheur, avec ce toit pour protéger du soleil et des intempéries.
Les prix des kWh sont affichés clairement et il y a même à chaque borne un seau d'eau avec un balai/raclette pour nettoyer le vitrage pendant la charge ! Un employé qui changeait les sacs poubelle me propose même spontanément de changer l'eau du seau de ma borne avant de commencer ce nettoyage !
Incroyable, c'est top VIP ici et on avait même plus ça dans l'ancien monde automobile qui fume !
Remarquez qu'au prix exorbitant du kWh, 0,62 € sur les bornes 175 kW et 0,52 € sur les 50 kW, c'est assurément un minimum, et encore il manque peut-être les petits fours et les coupettes !
Vu la chute rapide du nombre de kW lors des fins de charge, je me demande même s'il n'était pas financièrement préférable de me connecter sur la « petite » 50kW car je n'étais pas arrivé complètement vide et que finalement cela aurait mis pratiquement le même temps.
Il fait 35° à l'ombre et je sirote, en attendant la fin de charge, un café que le distributeur m'a proposé en version récolté à la main par des petits producteurs péruviens (Quand on est dans l'ambiance VIP !) au prix d'un litre de E10, sans le spéculoos, en écoutant le ventilo de la 500 qui se met à souffler comme une baleine par intermittence pendant la charge.
Association d'idées peut-être ? Il est vrai que la 500 ressemble un peu à un petit cachalot rose !
Je repars plein sud et l'animatrice de Vinci radio 107,7 annonce gravement, avec sa voix de saxophone, qu'un véhicule de leurs patrouilleurs vient juste d'être de nouveau percuté sur une bande d'arrêt d'urgence et que c'est déjà le 40ème en 2023 !
Un par semaine rien que pour leurs portions d'autoroute ! C'est monstrueux !
Vinci radio embraye ensuite sans transition en passant le morceau « Barbie girl » du groupe suédois Aqua...
Quand c'est écrit !
Je zappe de nouveau les stations de Châtellerault et Poitiers trop proches, pour atteindre la Total suivante. Valeur sûre.
En entrée de station je rate la voie pour les VE qui était pour une fois la première à droite, ou à gauche ? Enfin je la rate.
Donc retour vers les bornes comme je peux, et parfois en sens interdit, je sais c'est pas bien, dans le dédale de ces nouvelles stations labyrinthe avec des trottoirs de 50 cm partout.
On est chez Total, mais déception, les bornes sont bizarrement des Allego 300 kW ? C'est quoi cette marque et qu'est-ce qu'elle fait ici ?
Je suis de nouveau seul devant la rangée de superchargeurs.
Serais-je vraiment l'unique conducteur de VE aujourd'hui ?
Je ne choisis surtout pas la borne 1, qui va assurément encore être en panne, et me gare au milieu de la douzaine alignée sur le coté.
Je me présente devant les 2 écrans borne et CB de nouveau totalement illisibles en plein soleil et qui ont dû être conçus par des collégiens en cours de techno de 5ème, car positionnés à 1 m du sol !! (Personne ne teste le matériel avant de signer le contrat ?)
La procédure de connexion est totalement et incroyablement incompréhensible et je navigue entre ces 2 écrans qui me demandent à tour de rôle de présenter de multiples fois ma carte pour l'identification !
Rien ne marche et tout revient en permanence à l'écran d'accueil. Après une dizaine d'essais de connexion et encore un changement de borne (Je n'ai jamais fait autant de marche AR sur autoroute !), je décide de demander de l'aide à la station.
Le caissier se déclare incompétent et m'appelle son collègue qui en arrivant pour m'aider me dis carrément que personne ne sait ici comment marchent ces bornes, que c'était un appel d'offre (?), que c'est comme ça depuis le début, qu'il n'est pas électricien, qu'on arrête pas de leur dire (En haut !) et qu'ils n'arrêtent pas d'appeler les techniciens qui viennent à chaque fois d'Italie, quand ils ont le temps, etc.. etc.. ! N'en jetez plus !
Pourquoi Total ne met-elle pas simplement ses belles bornes dans toutes ses stations pour le bien de ses clients et de son commerce ??
Le gars est sympa mais ne fait malheureusement que de la représentation car il ne sait rien, moins que moi en tout cas, et ne peut absolument rien. Devant tant de bonne volonté incompétente et d'absence totale de solution efficace, je repars de ce pneu pour trouver une autre station sérieuse.
Heureusement la jauge de la 500 affiche encore 30% et 72 km.
La suivante, l'aire de Poitou-Charente, est une Shell, du coup intéressante car je ne l'ai pas encore dans ma liste !
Les superchargeurs sont au fond, un peu après la station pétrole et je suis pour une fois accompagnés d'une très belle Audi GT noire qui est en charge et dont je tairai par correction le patronyme disgracieux ?
Le soir commence doucement à tomber et les écrans sont lisibles malgré l'absence de toit.
Procédure de connexion simple et OK, si on sait ce qu'est une carte RFID (Les geeks du bureau d'étude, sortez vous SVP les doigts du clavier !), et ça charge d'entrée en 85 kW.
Je passe à la boutique me prendre une bricole à boire et à grignoter. Dedans la clim et la musique sont tellement à fond que tout le monde n'a qu'une envie, sortir au plus vite avant d'attraper des acouphènes et le Covid en avant-première !
Devant la boutique est garée une Rolls-Royce Phantom immatriculée en plaques bleues WW à Monaco et dont le conducteur vient royalement offrir des sandwichs triangulaires à ses passagers..
Le summum bling-bling du dîner entre amis...
Je retourne à la boutique car je m'aperçois avant de repartir qu'il n'y a plus de lave-glace dans la 500. Ce qui est peu étonnant au regard de la capacité incroyablement ridicule des 1,5 l du réservoir imaginé par un ingénieur fou, qui a en plus équipé le modèle de 6 lances de pompier à l'avant et d'un Kärcher à l'arrière qui vous débitent un demi litre à chaque pression !
A l'entrée de la boutique, le bidon de 2 litres de lave-glace été en promo, je répète, en promo, est à 7,50€ !
A ce prix je vais plutôt mettre du E85, en plus ça dégraisse mieux !
Je suis déçu, le lave-glace rose bonbon fluo était pourtant bien raccord avec ma voiture.
Je reprends ma route et me rends compte en arrivant vers Bordeaux qu'en jouant à charger n'importe où et n'importe quand, je risque d'être court de 25 bornes en électrons pour arriver jusqu'à Biscarrosse, hors de la zone de confort (relatif !) des autoroutes.
Donc Arrêt impératif à la Station Avia de Saugon-Ouest pour assurer le final.
Une haie de superchargeurs est en place à droite devant le bâtiment. Je connecte sans problème et complète ma charge pour finir le trajet.
Deux bretzels de La Brioche Dorée plus tard, et encore une rescapée au fond du sachet, deux Kia EV6 arrivent stickées de partout comme des voitures de service Presse. Trois gars en descendent et essayent sans succès de les connecter aux bornes.
Je viens offrir mon aide, en me présentant comme utilisateur et accessoirement ancien de la Bagnole, et j'apprends qu'ils sont membres de la société qui a stické les voitures et font le convoyage depuis Vannes vers Montpellier pour une compétition de jeux vidéo (e-sport !) dont Kia est partenaire.
Partis tôt le matin de Vannes, ils galèrent depuis une demi-journée à trouver des bornes qui fonctionnent avec une CB, pensant ingénument par manque d'expérience des VE que c'était aussi simple que pour les thermiques !
Effectivement, nous relevons ensemble un élément totalement incongru du monde du VE, qu'il est vraiment très bizarre qu'on ne puisse pas simplement utiliser partout sa carte bleue pour charger sa voiture comme on le fait pour payer tout le reste ??
Le VE serait-il aujourd'hui encore une sorte de club privé !
Ma charge complétée, je repars en leur souhaitant sincèrement bien du courage car leurs batteries sont bien vides et qu'ils n'arrivent pas à démarrer une charge tout en sachant que Montpellier est encore à 500 km !
Bordeaux passé sans encombres, c'est à signaler, et après quelques belles lignes droites dans les Landes de Gascogne, j'arrive enfin à destination avec un fond de batterie confortable.
Le lendemain soir, direction Biscarrosse-plage pour la Fête de la Plage qui débute pour trois jours.
Chemises blanches, foulards bleus, bérets, bodegas, bandas, qu'est-ce qu'on est serrés dans cette boite, manquait plus que les vachettes, et en final ce vendredi, les Bleus contre les All Blacks sur écran géant devant le fronton en ouverture de la coupe du monde de rugby ! La totale sud-ouest !
Les parkings sont pleins et il reste par chance une des 2 places devant l'unique superchargeur du coin que j'ai trouvé grâce à l'appli de Chargemap. L'autre place étant bien sûr prise comme d'habitude lors d'un tel événement par un thermique.
Faisons d'une pierre deux coups et profitons de cette place libre tout en chargeant la Pink Lady !
Je présente ma carte Chargemap devant la borne de chez Mobive et de nouveau un souci, pas d'identification, une fois, deux fois, trois fois, cinq fois !
J'appelle la hotline de Chargemap. (Le numéro est heureusement sur la carte) Une dame me répond rapidement avec un écho de fond particulier qui ferait penser qu'elle est en télétravail dans ses toilettes !
A sa demande je trouve et la rappelle pour lui donner l'adresse précise de la borne. Elle me répond que celle-ci n'existe pas chez Chargemap ? Je lui indique que c'est précisément sur le plan Chargemap de mon appli que je l'ai trouvée !
Ce à quoi elle répond « qu'on » (Encore eux !) ne leurs donne pas forcément les mêmes cartes qu'aux clients et qu'elles ne sont souvent pas à jour ??
Nous nageons en plein délire et je n'obtiendrai pas de résultat positif de la part de cette dame qui ne semble pas motivée plus que ça pour vraiment m'aider et avec qui je n'ai vraiment pas envie de polémiquer inutilement. Vraiment pas terrible la Hotline Chargemap !
Nouveaux essais, ma carte n'est toujours pas identifiée par la borne.
Dans une dernière tentative j'appelle la Hotline de Mobive dont le numéro de téléphone 24/7 est sur la borne. Une dame me répond rapidement et me demande le numéro de la borne indispensable pour qu'elle puisse m'aider !
Comment pourrais-je bien connaître ce numéro ??
Par chance inouïe, quelqu'un l'a écrit au crayon de papier sur le haut de la borne ! Preuve qu'on ne doit pas en être au premier des problèmes.
Je communique le numéro et cette dame entame une ré-initialisation de la borne à distance.
Ecran noir, coins carrés, qui ensuite se rallume et revient à la page d'accueil. Je refais la procédure d'identification de ma carte et idem cela ne fonctionne pas.
Ma correspondante refait une ré-initialisation et idem bis repetita, cela ne fonctionne toujours pas !
D'un commun accord nous laissons tomber, je ne vais pas passer la soirée là alors que les bandas entament Les yeux d'Emilie de Joe Dassin (En retour de succès !) et que cette dame ne peut plus rien faire pour moi. Elle m'indique en final transmettre un rapport au service informatique, la borne n'est pas prête de fonctionner !
Dans un dernier sursaut, j'essaye pour voir l'arrêt d'urgence de la borne et le redémarrage automatique sur place, mais rien n'y fait, ça ne veut pas marcher.
Epilogue :
Le lendemain matin, sur le parking du Lidl, le superchargeur ABB fonctionne parfaitement à condition encore une fois de savoir ce qu'est une carte RFID et de bien cliquer sur l'onglet avant de badger. Le coût de la charge est raisonnable à 0,27 € du kWh et l'opération se fait en temps masqué pendant que nous faisons les courses.
What else ?
Globalement tout au long de ce périple j'ai rencontré des stations de charge de ligue 1 et de ligue 2, parfois de National, mais soyons réalistes, c'est finalement Lidl qui propose le meilleur service !
Je sens que nous allons souvent charger ici, tout en sachant que les bonnes bornes, c'est comme les coins à champignons, ça ne se dit pas !
Quelles conclusions tirer de ces aventures tragi-comiques en VE alors que finalement tout est dit !
Assurément déplorer que ce qui devrait représenter la modernité de l'Automobile et des transports routiers du 21ème siècle est en fait aujourd'hui une dramatique jungle dans laquelle rament trop souvent les utilisateurs de VE pour arriver à destination !
Que les VE sont mal traités et surtout encore bien négligés, avec le sentiment d'être les végétariens de la route !
Qu'inonder la France de bornes c'est bien, mais que les faire toutes fonctionner c'est mieux !
Qu'il faudrait pouvoir payer simplement avec sa carte bleue et avec une procédure d'identification unique, simple et normalisée sur des écrans lisibles, et pour adultes !
Qu'avec un toit c'est mieux quand il pleut ou pendant la canicule !
Bref, il faut finir le job pour que rouler en VE devienne juste une longue autoroute tranquille...
...et aussi baisser sérieusement le prix des kWh, des cafés, du lave-glace...
;0)

Essayez les superchargeurs Tesla Luc si si vous verrez que du bonheur et ça va plus vite de faire du 20/60 plus efficace pour le chrono en parcours que le 10/80 est trop long

En être réduit à ne charger que 40% à chaque arrêt... Quelle galère !
Je confirme, le VE n'est absolument pas fait pour les longs trajets autoroutiers.

Ma petite expérience : lundi 29 avril, départ de Sèvres à 9h00, arrivée à Duingt à 14h30, 1 arrêt dans une station Total.
Tonte du jardin avec le tracteur thermique mono cylindre 7 ch.
Mardi 30 avril dépose de la 308 chez mon agent adoré pour la révision des 30.000 et la pose de pneus avant toutes saisons puis retour Duingt => Sèvres -décidément j'adore le col de Ceignes et celui de Bessey- départ 18h00, arrivée 23h00 avec 1 arrêt chez Total et le refiouling juste avant de rentrer dans une station Leclerc.
Je reconnais qu'à cette allure relativement soutenue, le 1600 crame 8 l/100 ; pas bien...
Toutes les pompes fonctionnaient, la carte Total fonctionne, la CB est prise partout, assez simple en fait. Et je remets pas seulement 25 litres à chaque ravito, je fais le PLEIN !

Attention, vous allez finir par trouver que ce serait une bonne idée de pouvoir louer une batterie supplémentaire, l'atteler et l'échanger en 2 minutes pour 300 km d'autonomie supplémentaire (60 kWh), avec un VE abordable dont la batterie est dimensionnée pour les usages du quotidien (30-40 kWh LFP ou Sodium-Ion) !...

@Alain 09:04
A partir d'une batterie à 100%, combien de kilomètres parcourus jusqu'à ce que le compteur indique 80% ?
Maintenant, combien de kilomètres sont parcourus entre 40% et 20% ?
Pourquoi je vous pose cette question ? C'est parce que sur ma trottinette, la jauge diminue très lentement jusque 70% puis à une vitesse folle entre 70% et 30% et elle passe à 0% en même pas une minute (la vitesse est bridée à 25 km/h). Les 40 km annoncés d'autonomie sont parfaitement mensongers, il faut en fait tabler sur 15 km (ce qui me suffit amplement, la boulangerie est à moins d'1 km)
Même "phénomène" sur ma tablette et mon smartphone.
Qu'en est-il sur votre bolide ?

@Bruno Haas: C'est parce que le fabricant de votre trottinette a mis dans le BMS un courbe de polarisation très rudimentaire.
Vous pourriez faire les trajets comme avec votre 308 avec un VE, il suffit de planifier. S'arrêter de manière quasi aléatoire le long de la route pour faire le plein de jus de dinosaure est considéré comme "normal". On planifie absolument tout dans notre vie, ca ne devrait pas être bien difficile d'ajouter un truc. Faire le plein au pif n'est pas "normal", mais "habituel". Les habitudes, ca se change.

Dans mon VE Bruno, c'est linéaire et 20% plein ou vide c'est la même distance.
;0)

Sauf votre respect Arnaud C., je préfère la réponse de Luc à la vôtre, ma question était physico-mathématique. D'autant plus que je suis un ignare absolu dans le domaine, ne sachant pas ce qu'est un BMS ni une "courbe de polarisation". Mazette, je vais regarder ma trottinette avec plus de déférence ; pensez donc, un BMS et une courbe de polarisation, je dis respect.
Mais d'accord avec vous sur les "habitudes" qui se changent. Ma carrière m'a permis de le mettre à profit : General Motors, puis Associated Engineering, puis Saab, puis Citroën, puis Isuzu, puis Honda, puis BMW, puis à mon compte, je pense savoir en quoi consiste le changement.
Autre expérience, j'ai été maire-adjoint de la ville de Sèvres. Là aussi, je pourrais faire une thèse sur la résistance au changement, mais c'est un autre débat.

Résistance électrique ou résistance au changement à l'électrique ?
Serais-je bipolaire ?
Qui peut le plus, peut le moins ?
;-)

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