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13/02/2026

En plein redressement, Nissan prévoit une perte nette massive de 3,6 milliards d'euros en 2025-26

Par Agence de presse AFP

(AFP) - Lancé dans un douloureux plan de redressement, le constructeur automobile japonais Nissan a annoncé jeudi anticiper pour son exercice décalé 2025-2026 une perte nette colossale représentant 3,6 milliards d'euros, sur fond de ventes toujours moroses.

   Cette perte de 650 milliards de yens sur l'exercice s'achevant fin mars est deux fois plus qu'attendu par les analystes sondés par l'agence Bloomberg.
   L'entreprise a cependant revu en nette baisse ses prévisions de perte d'exploitation annuelle à 60 milliards de yens (330 millions d'euros), quatre fois moins que ce qu'elle avait précédemment redouté, invoquant l'accélération de sa restructuration.
   Par ailleurs, Nissan prévoit toujours sur l'année un chiffre d'affaires en repli de 5,8% à 11.900 milliards de yens (65,4 milliards d'euros).
   Le constructeur japonais fait face à d'intenses pressions sur ses ventes et a dû affronter le relèvement massif des droits de douane américains.
   Mais cet assombrissement de la conjoncture est intervenu alors qu'il était lui-même très affaibli : dans la foulée d'une tentative avortée de mariage avec son compatriote Honda, il avait dévoilé une perte nette annuelle colossale équivalant à 4,1 milliards d'euros sur son exercice décalé 2024-2025.
   Et ce, notamment en raison des coûts liés au plan de redressement engagé par l'entreprise, sous la houlette de son nouveau patron Ivan Espinosa.
   
Plan de restructuration  
   Structurellement non rentable et miné par l'essoufflement des ventes, Nissan entend réduire le nombre de ses usines de production de véhicules de 17 à 10 d'ici la fin de l'exercice 2027, et vise 20.000 suppressions de postes dans le monde à la même date. Il a aussi entrepris un renouvellement de ses gammes.
   Dans la présentation de ses résultats, le groupe a fait état jeudi de "progrès constants grâce à l'externalisation (...) à la mise en commun de services, à la gestion des coûts", ainsi que d'"une restructuration des effectifs progressant de manière responsable".
   Nissan a réalisé plus de 80 milliards de yens d'économies sur ses coûts fixes au premier semestre, et se dit confiant de dépasser son objectif de 250 milliards de yens (1,37 milliard d'euros) d'ici l'exercice 2026.
   "Ce trimestre a été marqué par des progrès tangibles (...) Nissan est sur la bonne voie pour se redresser", s'est félicité M. Espinosa, cité par l'agence Bloomberg.
   Fruit des efforts réalisés: le groupe a réussi de façon inattendue à dégager un bénéfice d'exploitation au troisième trimestre (octobre-décembre) de 17,5 milliards de yens (96 millions d'euros), alors que les marchés anticipaient à nouveau une perte significative.
   
Essoufflement   
   Malgré tout, le paysage reste maussade: le groupe reconnaît "des résultats difficiles dans un environnement de marché complexe".
   Le chiffre d'affaires sur ce même troisième trimestre a fondu de 5% sur un an, à 2.999 milliards de yens (16,5 milliard d'euros), et Nissan a encore enregistré une perte nette de 28,3 milliards de yens (155 millions d'euros), bien que moins marquée qu'attendu.
   Le groupe doit toujours lutter pour atténuer l'impact des taxes douanières imposées par l'administration Trump, fixées à 15% depuis septembre. Nissan a vu ses ventes aux Etats-Unis, en nombre d'unités, reculer encore de 3,7% sur un an en octobre-décembre.

   Pour rester compétitifs aux Etats-Unis, les constructeurs japonais ont dû tailler leurs prix à l'export et rogner leurs marges. Nissan avait aussi indiqué vouloir s'appuyer sur ses deux usines d'assemblage de voitures aux Etats-Unis.
   Mais Nissan a aussi vu ses ventes trimestrielles décliner de 11,3% en Europe et plonger de 20,1% au Japon sur un an, face à l'érosion de la demande et d'une concurrence plus aiguisée.
   En Chine, il rebondit en revanche (+12,7%) en dépit de la concurrence des constructeurs locaux, grâce au succès de "nouveaux véhicules électrifiés". 
Mais sur les neuf premiers mois de l'exercice, ses ventes dans le pays s'affichent toujours en repli de 8%.
   "Les efforts déployés pour réduire les coûts, diminuer les charges fixes et avancer les réformes structurelles méritent d'être salués" mais "l'amélioration des résultats repose davantage sur la maîtrise des coûts et la rigueur budgétaire que sur une demande plus forte (des consommateurs), ce qui inquiète sur la pérennité de la reprise", avertit Tatsuo Yoshida, analyste de Bloomberg Intelligence.
   Une fragilité d'autant plus préoccupante qu'il fait face à un mur d'obligations à rembourser cette année. 

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