02/04/2026
Xavier Horent quittera Mobilians dans le sillage de Francis Bartholomé
Par Florence Lagarde
Le tandem formé depuis plus de dix ans à la tête de Mobilians par Francis Bartholomé et Xavier Horent s’apprête à tourner la page. Selon nos informations, confirmées par l’intéressé, Xavier Horent quittera ses fonctions de délégué général à l’issue de la mandature actuelle en même temps que le président Francis Bartholomé, avec lequel il travaillait depuis 2014.
Le départ conjoint de Francis Bartholomé et Xavier Horent s’inscrit dans un moment charnière pour l’organisation patronale. Le 24 juin sera élu un nouveau président ou présidente puisque trois candidats sont en lice : Denis Bernier, Marc Bruschet et Virginie de Pierrepont. "Avec la fin de la mandature de Francis Bartholomé, un cycle différent va s’ouvrir avec une équipe élue à laquelle il appartiendra de décider de l’organisation", nous a dit Xavier Horent. L’arrivée d’une nouvelle gouvernance appelle, selon lui, un renouvellement des équipes dirigeantes. Une manière de laisser les mains libres à la future présidence, dans un contexte où les enjeux de représentation de la filière automobile restent particulièrement élevés.
Arrivé au CNPA, devenu Mobilians, il y a 25 ans (à l'époque de Roland Gardin), Xavier Horent a été l’un des artisans de sa transformation. A l'époque il est recruté pour une création de poste avec une fonction de lobbyiste. Sa première mission sera la négociation du règlement européen. "En sortant de Sciences Po, je suis tombé sur des dossiers techniques et qui avaient une ambition européenne. Je pars après avoir bouclé la boucle avec la création d'une nouvelle organisation européenne de défense des intérêts de la profession. La fusion de l'AME et du Cecra s'est faite hier", raconte Xavier Horent. Il en est d'ailleurs actuellement co-président avec son homologue allemand, un mandat qu'il quittera à son départ, de même que de nombreux autres qu'il détient au nom de Mobilians.
Au fil des années, Xavier Horent a gravi un à un les échelons de l’organisation, accompagnant de l’intérieur sa transformation. Repéré rapidement, il prend la direction de la communication, avant d’être nommé directeur général adjoint. En 2005, à seulement 32 ans, il accède à la direction générale dans un contexte particulièrement tendu, avec pour feuille de route de "moderniser totalement le CNPA, le développer et élargir sa représentativité". Le défi n'est pas facile, dit-il, mais il le passionne. Sa trajectoire suivra les grandes étapes de la mutation de l’organisation, d’un syndicat fragilisé et traversé par des tensions internes au début des années 2000, à une structure devenue une référence dans la représentation des métiers de la mobilité.
C’est véritablement à partir de 2014, aux côtés de Francis Bartholomé, qu’il forme un binôme exécutif solide, incarnant à la fois la ligne politique et la mise en œuvre opérationnelle de l’organisation.
Un homme de mission
Plus qu’un simple dirigeant d’organisation professionnelle, Xavier Horent s’est toujours défini comme un homme de mission. Une posture qu’il revendique encore aujourd’hui : accompagner une transformation, structurer une organisation, défendre une filière.
Il part avec le sentiment du devoir accompli. "Trois leviers ont permis de professionnaliser en profondeur Mobilians. D’abord, l’engagement des élus, solidaires, impliqués, capables de porter une ligne claire et de fédérer les différentes professions. Ensuite, la confiance des entreprises, de plus en plus nombreuses, qui ont renforcé la légitimité de l’organisation. Enfin, la montée en compétence des équipes internes, avec le recrutement de profils capables d’élever le niveau d’expertise et d’influence. C’est le trio magique", détaille-t-il, soulignant que cette combinaison a permis de bâtir une organisation à la fois structurée au niveau national et solidement ancrée dans les territoires.
Des valeurs affirmées, une ambition intacte
Ce départ ne sonne pas comme un retrait. Xavier Horent revendique une "ambition intacte" pour continuer à défendre l’industrie française et la filière automobile, dans un contexte qu’il juge toujours aussi stratégique.
L’attachement à la souveraineté industrielle, à la défense des entreprises et à la structuration d’une filière en mutation reste au cœur de son engagement. Autant de marqueurs qui pourraient trouver à s’exprimer dans une nouvelle fonction, à la croisée de l’industrie et de l’action publique.
Au moment de tourner la page, Xavier Horent insiste aussi sur un combat qu’il juge loin d’être terminé : la place des entreprises dans le débat public. A ses yeux, la filière automobile comme l’ensemble du tissu entrepreneurial ont trop longtemps "subi" les décisions politiques et les évolutions réglementaires. Il appelle désormais à un changement de posture. "Les entreprises doivent prendre beaucoup plus de poids dans le débat public", affirme-t-il, convaincu que les solutions aux crises actuelles passeront d’abord par elles.
Dans un contexte de fortes incertitudes, il plaide pour davantage de "lucidité, de clairvoyance et de courage" et pour une prise de responsabilité collective. Sa conviction est que la compétitivité ne se joue pas uniquement sur le terrain économique, mais aussi dans la mentalité et la culture. "Il faut préserver coûte que coûte nos actifs industriels", insiste-t-il, appelant à redonner à l’automobile, et plus largement à l’industrie française, toute sa place dans les choix structurants du pays.

