Publicité
Publicité
27/07/2026

Crise de l'automobile : Volkswagen tire le "signal d'alarme" pour accélérer ses économies

Par Agence de presse AFP

(AFP) - Le géant allemand de l'automobile Volkswagen a dit vendredi vouloir accélérer ses efforts de réduction de coûts pour retrouver une profitabilité, encore dégradée ces derniers mois, alors qu'un nouveau plan d'économies laisse planer le doute sur des fermetures d'usines en Allemagne.

   Au deuxième trimestre, le résultat net du groupe de Wolfsbourg (nord) a atteint 1,54 milliard d'euros, en diminution de 32,9% sur un an, selon des 
résultats financiers publiés vendredi par l'entreprise.
   "Ces résultats sont un signal d'alarme" incitant à "agir", a martelé lors d'une conférence de presse le directeur financier du groupe, Arno Antlitz.
   En plus de la suppression déjà connue de 50.000 postes dans ses entités allemandes d'ici 2030, Volkswagen souhaiterait supprimer 50.000 autres 
emplois, principalement dans les services administratifs du groupe à l'échelle mondiale.
   Cela porterait à 100.000 le nombre total d'emplois supprimés, une perspective qui avait déjà provoqué début juillet la colère du puissant 
syndicat IG Metall en Allemagne.
   
"Dernière solution"   
   Interrogé en conférence de presse sur l'hypothèse crainte outre-Rhin de la fermeture d'usines, le président du directoire de Volkswagen, Oliver Blume, a voulu rassurer vendredi en affirmant qu'il n'était "pas réaliste de parler de fermetures d'ici la fin de la décennie", laissant un point d'interrogation à partir de 2030.
   "Fermer une usine est toujours la dernière solution", a-t-il souligné.
   Au deuxième trimestre, les bénéfices du groupe ont été lestés notamment par une charge exceptionnelle d'un demi-milliard d'euros liée à l'arrêt de la production du SUV électrique ID.4 aux Etats-Unis. 
   Volkswagen a aussi enregistré des "effets de mix négatifs", vendant proportionnellement moins de véhicules à forte marge, ce qui a pesé sur sa 
rentabilité. 
   Mais au-delà de ces effets ponctuels, les constructeurs chinois ont encore exercé une forte pression sur les livraisons du groupe, qui ont plongé de 
36,6% en Chine au deuxième trimestre.
   "Les compétiteurs chinois n'exportent pas seulement leurs véhicules en Europe, ils y exportent aussi une pression concurrentielle", a expliqué M. 
Antlitz.
   Des groupes comme BYD ou XPeng grignotent chaque mois toujours plus de parts de marché sur le Vieux Continent, en parvenant à commercialiser des véhicules très avancés technologiquement dans le segment électrique, à des prix abordables.
   Misant sur sa stratégie "In China for China", Volkswagen souhaite rattraper son retard avec des véhicules spécifiquement adaptés aux attentes des consommateurs chinois, plutôt que d'adapter des modèles conçus à l'origine pour le marché européen.
   Le groupe veut lancer plus de 30 modèles d'ici fin 2027 sur un marché qui en a accueilli 500 nouveaux rien qu'au premier semestre, selon M. Blume.
   
Cure d'amaigrissement   
   Plus largement, le président du directoire a estimé devant analystes et journalistes que "les mesures qui étaient adéquates dans le passé ne 
[l'étaient] plus pour atteindre [leurs] objectifs".

   Le constructeur a détaillé vendredi un plan d'action, baptisé "Group Target Picture 2030", qui implique réduction drastique des coûts, baisse des 
capacités de production et simplification de l'offre, avec l'espoir de retrouver la compétitivité.
   La cure d'amaigrissement du géant aux dix marques (VW, Skoda, Audi, Seat, Porsche...) passe aussi par les capacités de production à l'international, qui doivent être ramenées à 9 millions d'unités contre 12 millions avant la pandémie de Covid19.
   Le groupe veut enfin simplifier son offre, en réduisant son portefeuille de modèles de moitié et le nombre d'options d'équipement proposées de 75%.
   Face aux vents contraires, Volkswagen a abaissé sa prévision d'évolution du chiffre d'affaires sur l'année 2026. Il vise désormais entre -3 et 0%, au lieu de 0 à +3% prévus initialement.
   Il a en revanche maintenu son objectif d'une marge opérationnelle, indicateur clé de la rentabilité, comprise entre 4 et 5,5%. Au premier 
semestre, elle s'est élevée à 3,8%.
   Avec sa stratégie, Volkswagen veut atteindre en 2030 une marge opérationnelle située entre 8 et 10%.
   Malgré la baisse des profits, le flux de trésorerie net de sa division automobile a bondi de 4,5 milliards d'euros au premier semestre par rapport au 
solde négatif sur la même période l'an dernier, signe de la capacité intacte de l'entreprise a financer de lourds investissements.
   Volkswagen a également enregistré des améliorations sur le marché européen, où son carnet de commandes de véhicules électriques a augmenté de plus de la moitié sur un an.

Partager cet article

Par Agence de presse AFP

L’Agence France-Presse (AFP) est une agence de presse internationale indépendante qui produit et diffuse en continu dépêches, photos, vidéos et infogr... voir plus

Réactions

Aucun commentaire, soyez le premier à participer !

Votre commentaire

Vous devez être connecté pour publier un commentaire

Autres articles

Marchés

Le Shift Project invite les professionnels de l’automobile à contribuer à son rapport sur la décarbonation

Le Shift Project vient de publier un rapport intermédiaire consacré à l’automobile et aux mobilités routières. Avant la présentation de ses conclusions définitives, prévue en février 2027, le think tank ouvre ses travaux aux commentaires, critiques et contributions des professionnels. Une démarche qui sera prolongée, à partir d’octobre, par une grande consultation des salariés de la distribution et de la réparation automobile.

Analyse

La révélation de l’étude Roland Berger : les volumes importent

Associée à un travail de lobbying pour tenter de faire évoluer la fiscalité française et faire pression sur Bruxelles pour obtenir un relâchement de la pression normative, l’étude demandée à Roland Berger révélée cette semaine fait ressortir fort heureusement l’importance de la question des volumes. Il s’agit en effet là d’une question d’une importance cardinale pour réussir la décarbonation souhaitable qui est celle du parc. Il s’agit aussi d’une question clé pour la survie des constructeurs qui ont souvent eu tendance ces dernières années à pratiquer contre vents et marée la religion de la priorité à la valeur sur les volumes.