28/01/2026
GM affiche une perte trimestrielle mais s'estime bien orienté pour 2026
Par Agence de presse AFP
(AFP) - Le constructeur automobile américain General Motors a constaté une importante perte nette au quatrième trimestre, due à des charges exceptionnelles liées au redimensionnement de son activité de véhicules électriques, mais prévoit des bénéfices en hausse sur l'année 2026.
L'entreprise avait déjà annoncé, début janvier, une charge de 6 milliards de dollars à passer sur les trois derniers mois de 2025 pour prendre en compte le ralentissement du marché des voitures électriques, consécutif à la fin d'avantages fiscaux notamment.
A cette somme s'est ajoutée une autre charge de 1,1 milliard de dollars due à la restructuration de la filiale chinoise du groupe, SAIC General Motors.
Ces éléments exceptionnels ont fait basculer le résultat trimestriel dans le rouge, avec à la clef une perte nette de 3,3 milliards de dollars, selon un communiqué publié mardi.
Des coûts de réorganisation de SAIC General Motors avaient déjà occasionné une perte pour l'ensemble de l'entreprise au quatrième trimestre 2024 (2,96 milliards).
Calculé par action et purgé des éléments exceptionnels, indicateur le plus suivi par les investisseurs, le résultat du quatrième trimestre 2025 devient un bénéfice de 2,51 dollars, supérieur aux 2,28 dollars attendus par les analystes.
En revanche, le chiffre d'affaires, en baisse de 5% sur un an à 45,3 milliards de dollars, ressort en deçà des projections de Wall Street.
Sur le plan géographique, GM s'est nettement mieux comporté à l'international, avec des ventes en très légère hausse (+0,8%), qu'en Amérique du Nord (-6,7%).
Mais le marché s'est davantage concentré sur les prévisions du groupe de Detroit (Michigan), qui table sur un bénéfice 2026 compris entre 10,3 et 11,7 milliards de dollars.
GM s'attend à ce que le marché des véhicules neufs aux Etats-Unis "reste résilient", a écrit la directrice générale Mary Barra dans une lettre aux actionnaires.
Le constructeur automobile anticipe également un redressement de ses marges.
La publication a été bien accueillie par les investisseurs et dans les échanges électroniques préalables à l'ouverture de la Bourse de New York, l'action GM prenait près de 4%.
L'électrique en question
Dans un entretien à la chaine CNBC, Mary Barra s'est dite optimiste quant à la trajectoire du marché des véhicules électriques (EV), malgré un quatrième trimestre qui a vu les ventes d'EV plonger de 43% sur un an.
Selon les voeux de Donald Trump, le crédit d'impôt de 7.500 dollars jusqu'ici en vigueur pour l'achat d'une voiture électrique est arrivé à échéance fin septembre.
Par ailleurs, le gouvernement Trump a annoncé, début décembre, un allègement de la réglementation sur la consommation et les émissions des véhicules aux Etats-Unis, ce qui a considérablement réduit la pression imposée aux constructeurs pour augmenter la part de voitures électriques de leur parc automobile.
Pour tenir compte de ces mesures, GM a notamment arrêté la production de véhicules électriques sur son site d'Orion (Michigan) pour lui substituer des voitures à combustion.
"Nous n'avons jamais pensé que ce serait une évolution constante", a commenté la patronne de GM au sujet des ventes de véhicules électriques, mais elle compte néanmoins sur une "hausse régulière" dans les années à venir.
Elle compte sur une nouvelle technologie de batteries qui va faire baisser de "plusieurs milliers de dollars" le prix des EV, ainsi que sur un développement des stations de recharge aux Etats-Unis comme facteurs d'incitation.
De plus, "nous avons constaté que lorsque quelqu'un achète un EV, il a tendance à rester à l'électrique" pour ses voitures suivantes.
Mary Barra estime également que la trajectoire de l'activité électrique vers la rentabilité sera "plus rapide qu'on ne le pense", sans pour autant fixer de calendrier précis.
"Nous continuons à croire aux voitures électriques", a martelé la dirigeante dans sa lettre aux actionnaires, soulignant que 100.000 nouveaux clients s'étaient tournés vers sa gamme d'EV en 2025.
"Les développements sur les droits de douane et la restructuration de l'activité véhicules électriques continuent d'affecter les résultats, mais GM traverse ce contexte avec brio", ont réagi les analystes de Wedbush Securities.

