Publicité
Publicité
Marchés - 18/06/2021 - #Renault , #Volkswagen , #Tesla

L'Europe accélère sur le marché de la batterie mais reste loin de l'autonomie

(AFP) - Face à l'explosion des ventes de voitures électriques, l'Europe a commencé à rapatrier la filière de production des batteries, mais reste loin de l'autonomie.

Auteur : AFP

Partager cet article

Les batteries des voitures électriques, qui pèsent entre 200 et 600 kilos et représentent une partie importante de la valeur du véhicule, sont pour l'instant fabriquées en majorité en Asie, entre la Chine, la Corée du Sud et le Japon.

Après des années à faible voltage, l'Europe compte désormais 38 projets d'usines de batteries pour un total de 1.000 GWh annuels prévus, et près de 40 milliards d'euros d'investissement, selon l'ONG Transport & Environnement.

La licorne suédoise Northvolt prévoit d'atteindre une capacité de production annuelle de 150 GWh en Europe d'ici à 2030, avec une usine en construction en Suède et deux méga-usines supplémentaires à l'étude.

Les constructeurs de voitures, qui misent sur un avenir en grande partie électrique, se positionnent. Volkswagen a investi dans Northvolt et prévoit de construire cinq autres usines. Stellantis développe deux usines, Tesla prévoit de faire de sa nouvelle usine de Berlin "la plus grande usine de cellules au monde" avec 250 GWh en 2030.

Leurs fournisseurs asiatiques ne sont pas en reste : Envision AESC (Chine) prévoirait de s'associer à Toyota et Renault pour de nouvelles usines de batteries au Royaume-Uni et en France. LG Chem et SKI (Corée du Sud) ont ouvert des usines en Pologne et Hongrie, tandis que CATL (Chine) construit un site en Allemagne.

"Alors qu'il y a une demande monstrueuse d'augmentation des volumes, il y a un enjeu majeur pour tous les constructeurs à casser l'oligopole des fabricants de batteries", analyse Eric Kirstetter du cabinet Roland Berger.

"Mais il va aussi leur falloir accéder aux matériaux pour les cellules (anode, cathode), dont l'approvisionnement va être déterminant pour le prix et la fourniture de la batterie".

Tous ces projets sont largement soutenus par les pouvoirs publics européens, qui veulent lancer l'Europe dans l'industrie automobile du futur.  

Besoin de lithium

"L'Europe est devenue un carrefour mondial de la batterie, et devrait atteindre l'indépendance stratégique dans ce secteur critique", a lancé fin mars le vice-président de la Commission, Maros Sefcovic. Selon lui, ces usines devraient couvrir la demande européenne à partir de 2025.

Cet objectif est bien optimiste, selon Oliver Montique, analyste pour le cabinet Fitch Solutions, qui mise plutôt sur 2040 pour la mise en place d'une "filière complète comprenant l'extraction et le raffinement des matières premières, la construction de batteries et leur utilisation par des constructeurs européens".

Pour se démarquer de ses concurrents asiatique et américain, l'Europe compte développer des usines moins polluantes. Une nouvelle norme, en cours de discussion, pourrait imposer un approvisionnement responsable en matières premières et un recyclage optimal des batteries.

Pour développer la prochaine génération de batteries, et moins dépendre de la technologie litihum-ion, dominée par des leaders asiatiques, la Commission européenne a lancé en janvier son deuxième "projet d'intérêt commun", soit un ensemble de programmes de recherche financés à hauteur de 2,9 milliards d'euros.

Ces usines pourraient créer sur le continent 800.000 emplois, pour lesquels il faudra vite former des salariés, souligne la Commission.

Il faudra aussi que les ventes de véhicules électriques suivent, prévient Transport & Environnement. Des normes trop timides contre les émissions de CO2 freineraient l'électrification du marché et l'Europe se retrouverait en surproduction, selon l'ONG, qui demande une interdiction de la vente des moteurs essence et Diesel dès 2035.

Une fois les usines en marche, il faudra les approvisionner en matières premières : les besoins en lithium devraient être multipliés par 18 d'ici 2030, selon la Commission européenne. L'industrie aura également besoin de cinq fois plus de cobalt.

Concernant le lithium, l'Europe peut compter sur de larges gisements sur son territoire (en Tchéquie ou en Allemagne, entre autres). Selon Oliver Montique, elle doit aussi "développer des accords d'approvisionnement avec les pays aux ressources abondantes, à la diplomatie favorable, et aux infrastructures solides, comme l'Australie, le Canada, le Brésil ou le Chili", histoire de "ne pas être menacée au niveau commercial ou politique".

Partager cet article

Réactions

Envoyer cet article à un ami

Les champs suivis d’une astérisque sont obligatoires.

Aucun commentaire, soyez le premier à participer !

Votre commentaire

Vous devez être connecté pour publier un commentaire

Mot de passe oublié

Autres actualités

Edition du 18/06/2021

Lancement 100% digital de l’EQA : on fait le bilan

Les groupes GGE, Hamecher et Huillier, ont fait appel à la puissance de feu de LiveCars pour mutualiser une opération marketing inédite : la présentation en direct sur internet de l’EQA par Malika Ménard, Miss France 2010. Comme promis, on fait le bilan de l’opération.

Réseaux

Aramis Auto a réussi sa levée de fonds de 250 millions d’euros

C’est la plus importante introduction en Bourse sur Euronext Paris depuis 2019 : Aramis Group va mettre entre 20 et 23% de son capital en Bourse et lever 250 millions d’euros de cash pour financer sa croissance. Stellantis reste un solide actionnaire, à 60,6%, d’une entreprise dont la capitalisation boursière atteint 1,9 milliard d’euros.

Internet

Pourquoi les réseaux de distribution ne sont pas tous logés à la même enseigne ?

En Europe, Stellantis initie la refonte de son réseau. Pendant ce temps, aux Etats-Unis, les réseaux de distribution sont en pleine effervescence. La demande pour des voitures neuves ou d’occasion reste forte et l’offre manque cruellement. Il faut pouvoir servir des clients sans inventaire et donc rivaliser d’ingéniosité pour profiter de ce moment où les volumes sont aussi faibles que les marges sont élevées. Plus facile à dire qu’à faire.

Analyse

Catégorie Marchés

Djebbari écarte les accusations après l'annonce de son départ dans le privé

(Reuters) - Jean-Baptiste Djebbari, chargé des Transports dans le gouvernement sortant et dont la nomination en tant qu'administrateur de la start-up Hopium a été annoncée lundi avant même la démission de l'exécutif, a évoqué mardi un "hasard de calendrier" et assuré avoir respecté les règles pour ce départ dans le privé.

18/05/2022

Coronavirus : Shanghaï espère entamer bientôt la levée des restrictions

(Reuters) - Les autorités municipales de la mégalopole chinoise de Shanghaï visent une situation "zéro Covid" à l'échelle communautaire dans les prochains jours et commenceront ensuite à progressivement lever les restrictions de déplacement et à rouvrir les magasins, a déclaré vendredi Wu Qing, maire-adjoint de la ville.

16/05/2022

Marc Bruschet (Mobilians) : "Nous devons nous préparer à un marché VP à 1,4 million d’unités"

Fin connaisseur du marché automobile français, Marc Bruschet patron d’un groupe de distribution installé dans le sud-est de la France et président de la branche concessionnaire de Mobilians (ex-CNPA) estime que les chiffres du premier quadrimestre mettent les immatriculations sur une tendance à 1,4 million de VP pour l’année 2022. Sans mesures de soutien, cette situation risque de conduire à "des ajustements d’effectifs" conséquents dans la filière aval.

13/05/2022

Pénalisé par la pénurie de produits, le marché moto résiste bien

Certes, les immatriculations sont en baisse de 3% à la fin du mois d’avril. Mais le volume reste fort (64 000 unités sur 4 mois) et toutes les nouveautés n’ont pas encore été commercialisées. Pas mal pour un marché pénalisé par la pénurie et des prix en hausse.

13/05/2022

L'Opep abaisse de nouveau ses prévisions pour le marché pétrolier

(Reuters) - L'Opep a revu à la baisse jeudi sa prévision de croissance de la demande mondiale de pétrole pour cette année, comme elle l'avait déjà fait le mois dernier, pour intégrer l'impact de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, de l'inflation et de la résurgence de l'épidémie de COVID-19 en Chine.

13/05/2022