Constructeurs - 14/09/2020

Le constructeur de poids lourds Man veut supprimer un quart des effectifs

(AFP) - Le constructeur allemand de poids lourds MAN, filiale du groupe Volkswagen, a annoncé vendredi qu'il comptait supprimer 9.500 emplois, soit un quart de ses effectifs dans le monde, dans le cadre d'un plan de restructuration mondial.

Auteur : AFP

Partagez cet article     

Le directoire "a décidé une réorientation de grande envergure", incluant des économies de 1,8 milliard d'euros, dont "la suppression de jusqu'à 9.500 emplois en Allemagne, Autriche et dans le monde, dans tous les secteurs d'activité du groupe", a détaillé l'entreprise dans un communiqué.
Trois usines, à Steyr en Autriche ainsi qu'à Plauen et Wittlich en Allemagne, pourraient être fermées, ajoute Man.

L'objectif de la restructuration est selon le groupe de "pouvoir continuer à investir dans les sujets d'avenir" alors qu'il compte tourner son attention vers les camions connectés, autonomes, électriques ou propulsés à l'hydrogène.
Man démarrera rapidement les négociations avec les représentants du personnel sur la restructuration, a précisé le constructeur dans un communiqué, promettant de discuter de solutions "socialement responsables".

Les représentants des employés ont toutefois déjà annoncé leur opposition au projet pour ses "destructions massives d'emplois", et ils réclament que les licenciements secs soient exclus.
"Il n'est pas possible que des suppressions d'emplois et des fermetures de sites soient la seule solution que le directoire a pu imaginer", dénonce dans un communiqué Saki Stimoniaris, à la tête du comité d'entreprise, qui accuse les dirigeants du groupe de "bricolage" et "d'erreurs graves de gestion".

Au premier semestre, marqué par la pandémie de Covid-19 qui a plongé de vastes pans de l'économie dans une crise sans précédent, Man a affiché une perte d'exploitation de 423 millions d'euros avec une baisse du chiffre d'affaires de 26% sur un an, à 4,7 milliards.
Au deuxième trimestre notamment, les usines du fabricant de bus et camions avaient été en partie fermées.
Mais déjà avant le Covid-19, Man prévoyait un plan d'économies pour réagir à une baisse de la demande qui s'est simplement accentuée avec la crise sanitaire. Selon des médias allemands, le groupe avait envisagé jusqu'à 6.000 suppressions d'emplois. "La crise du coronavirus n'a qu'aggravé la situation déjà tendue des revenus", explique la filiale de Volkswagen.

Dans son rapport annuel 2019, qui ne prend pas en compte la pandémie, Man prévoyait déjà une baisse "drastique" de son résultat sous l'effet notamment d'une fonte de 10% à 20% du marché européen.
Man appartient à 95% à Traton, la branche poids lourds du groupe Volkswagen.

Partagez cet article     

Réactions

Envoyer cet article à un ami

Les champs suivis d’une astérisque sont obligatoires.

On oublie la branche marine de Man qui va sombrer aussi corps et biens !!

Durand Pierre, Le 14/09/2020 à 11:17

La pandémie du Covid, accélérateur des bouleversements technologiques des transports terrestres sous jacents depuis plusieurs mois.
Vivement que l'on sorte de ce marasme qui affole tout le monde dans des proportions à mon avis irraisonnées...

Clerion , Le 14/09/2020 à 16:32

La façon irraisonnée dont marchait le capitalisme productiviste va arrêter les spéculateurs, surtout ceux qui œuvraient dans des bourses déconnectés des réalités économiques.
C'est pourquoi l'argent va rester encore longtemps à taux négatifs.
Nous voyons des projets poursuivre (un exemple, la construction de bureaux dans les grandes capitales du nord développé, ou voir aussi des constructeurs auto sortir de voitures purement thermiques, voir Maserati) de manière irraisonnée...ceci n'est que la déferlante d'une vague formée plus tôt. La vague suivante ne sera plus là !!
Un autre exemple dans l'aérien, Air France et Lufthansa sont en train de diriger beaucoup de leurs avions (le nouveau Airbus 350) de 400 places vers un parking d'un aéroport espagnol construit dans un désert chez eux, car c'est beaucoup moins cher à la journée ...car il n'y a AUCUN PLAN de reprise de trafic en vue !!
Seul issue pour l'instant, faire payer plus cher leurs places aux riches et liberté totale dans les réservations !!
Dans l'automobile ce sera resserrement forcé des segments !
Le manque de discipline des terriens face à une épidémie opportuniste, va les conduire à la ruine du système productiviste, aux conflits armés, et aux alliances uniquement de blocs idéologiquement et politiquement de proximité !!

Durand Pierre, Le 14/09/2020 à 19:17

Votre commentaire

Vous devez être connecté pour publier un commentaire

Mot de passe oublié

Autres actualités

Edition du 14/09/2020

Les ambitions françaises de Luca de Meo pour Renault et l’enthousiasmant projet véhicule électrique à moins de 20.000 euros

Parmi les éléments qui ont filtré du document qui résume les perspectives que Luca de Meo dessine pour Renault, il en est un qui mérite une attention particulière : c’est l’annonce d’une mobilisation forte des équipes autour de l’objectif de concevoir et de produire en France un véhicule électrique à batterie qui serait vendu à moins de 20.000 euros. Inscrit dans une perspective stratégique de reconnexion de Renault au site France, ce projet est aussi habile politiquement que pertinent économiquement.

Analyse

Catégorie Constructeurs

Deux vrais hybrides pour Suzuki avant la fin de l’année

Un break hybride et un SUV hybride rechargeable, assemblés par Toyota, arriveront en novembre prochain dans le réseau Suzuki. Et, au printemps 2021, le séduisant petit 4x4 Jimny arrivera en version utilitaire léger, sans son malus de 3.331 euros !

21/09/2020

Usine Smart : le projet de reprise par Ineos "paraît de bonne tenue"

(AFP) - Le projet de vente de l'usine Smart d'Hambach (Moselle) par Daimler au groupe Ineos "paraît de bonne tenue", a estimé jeudi Agnès Pannier-Runacher, la ministre déléguée à l'Industrie, confirmant que la production de Smart se prolongerait "jusqu'en 2024".

18/09/2020

Luciano Biondo, nouveau joueur vedette dans l’équipe de Luca de Meo

Renault a annoncé la nomination de Luciano Biondo au poste de directeur industriel du pôle électrique et véhicules utilitaires légers du Nord de la France qui comprend les usines de Douai, Maubeuge et aussi celle de Ruitz. S’il accepte le challenge c’est pour "le projet que porte Luca de Meo", nous a-t-il dit.

17/09/2020

Mercedes : Un camion à batteries en 2021, un camion à pile à combustible pas avant 2025

Daimler Trucks a révélé hier un camion à pile à combustible doté de plus de 1.000 km d’autonomie avec un seul plein d’hydrogène liquide. Il prévoit des essais clients en 2023 et un début de production en série "dans la seconde partie de la décennie". En attendant, un poids lourd à batteries électriques sera lancé en 2021, doté de plus de 200 km d'autonomie, et de plus de 500 km en 2024.

17/09/2020