Publicité
Publicité
Constructeurs - 28/09/2020 - #Volkswagen , #Audi , #Porsche

Premier procès d'un patron automobile en Allemagne dans le scandale du "Dieselgate"

Par AFP

(AFP) - L'ancien président du constructeur Audi, filiale de Volkswagen, sera mercredi le premier patron automobile allemand à être jugé pour fraude, cinq ans après la révélation du vaste scandale des moteurs diesel truqués.

Rupert Stadler, 57 ans, devra répondre de "fraude", "émission de faux certificats" et "publicité mensongère", selon le chef d'accusation du parquet de Munich. Il comparaîtra aux côtés d'un ancien directeur d'Audi et de Porsche Wolfgang Hatz, et deux ingénieurs de la marque aux quatre anneaux.
Ils risquent jusqu'à 10 ans de prison.   

Jusqu'à présent, aucun responsable n'a été condamné en Allemagne dans le cadre de cette affaire planétaire qui a éclaté en 2015, quand le géant de l'automobile Volkswagen a reconnu avoir installé dans 11 millions de véhicules dans le monde des dispositifs les faisant apparaître moins polluants lors des tests en laboratoire qu'ils ne le sont en réalité.

Face à l'intérêt médiatique, le tribunal de Munich a décidé de tenir le procès dans l'une de ses annexes située en banlieue de la capitale bavaroise, mais le nombre de places n'en sera pas moins restreint, en raison de restrictions liées à la pandémie du Covid-19, selon un de ses porte-parole.
   
Procès complexe
Entré chez Audi en 1990 et PDG à partir de 2007, M. Stadler avait déjà été en juin 2018 le premier dirigeant de l'automobile placé en détention provisoire dans ce dossier, car soupçonné par la justice de chercher à influencer des témoins ou d'autres suspects, avant d'être remis en liberté. Il avait été remplacé par le Néerlandais Bram Schot, un transfuge du rival Daimler arrivé chez VW en 2011.

Le parquet le soupçonne d'avoir été au courant des manipulations vers la fin du mois de septembre 2015 "au plus tard" sans avoir pour autant empêché la vente de centaines de milliers de véhicules dotés du logiciel tricheur. 
Ses trois co-prévenus sont eux accusés d'avoir développé les moteurs diesel équipés de ce système, installé dans des véhicules depuis 2009.

Les accusations portent sur un total de 434.420 véhicules des marques Volkswagen, Audi et Porsche commercialisés principalement en Europe et aux Etats-Unis.
M. Stadler a toujours rejeté les accusations, de même que M. Hatz. Son avocat a indiqué que ce dernier s'exprimerait "en détail" sur les charges pesant contre lui au cours de ce procès complexe devant durer jusqu'à la fin décembre 2022.
Le chef d'accusation, qui sera lu en intégralité lors de la première audience, compte plus de 90 pages.
   
La facture "Dieselgate" 
M. Stadler pourrait ne pas rester longtemps le seul patron à devoir s'expliquer devant les juges. 
Début septembre, le tribunal de Brunswick a annoncé que l'ancien président du directoire de Volkswagen Martin Winterkorn et quatre autres anciens responsables du groupe seraient jugés pour "fraude en bande organisée" et "fraude fiscale aggravée". Il a ajouté le chef de manipulation du cours de Bourse jeudi et doit désormais fixer la date du procès. 

L'actuel PDG du groupe, Herbert Diess, et le président du conseil de surveillance, Hans Dieter Pötsch, avaient eux évité un procès l'an passé, moyennant une transaction financière de 9 millions d'euros, en vertu d'un accord avec la justice.
Cinq ans après la révélation du "Dieselgate", le constructeur a soldé une grande partie du volet pénal et civil pour une facture totale qui dépasse les 30 milliards d'euros. Le plus gros a été payé aux Etats-Unis.

En Allemagne, il a accepté de débourser quelque 750 millions d'euros pour indemniser 240.000 clients et se presse, après une décision défavorable de la plus haute juridiction du pays, de proposer des accords à l'amiable pour solder une grande partie des 60.000 requêtes restantes.
Volkswagen et des marques du groupe ont également payé trois amendes d'un total de 2,3 milliards d'euros pour tirer un trait sur les enquêtes.

Au civil, le dernier grand procès reste celui d'investisseurs demandant une indemnisation pour la dégringolade du cours de l'action après les révélations, toujours en cours.

Réactions

Encore une fois, cet article est au sujet du VWgate (Logiciels truqueurs) et non du Dieselgate (Véhicules ne respectant pas les limites de pollu sans truquer) qui sont 2 sujets différents.
;0)

Votre commentaire

Vous devez être connecté pour publier un commentaire

Autres articles

Nominations

Cédric Lebreton rejoint WeNow

Cédric Lebreton vient de quitter son poste de directeur marketing de Mercedes-Benz Trucks pour rejoindre la start-up WeNow en tant que directeur commercial à partir du 1er octobre.

Analyse

Abandon de la taxation des véhicules selon leur masse : pourquoi c'est inévitable

Alors qu’on avait souligné déjà lors de la présentation des propositions de la Convention citoyenne sur le climat, le rejet par le Président de certaines propositions comme celle qui consistait à limiter la vitesse sur autoroute à 110 km/h, c’est maintenant celle qui consistait à taxer les véhicules en fonction de leur masse qui vient souligner que la Convention va voir la part de sa liste de propositions retenue par le législateur s’écourter. Les ONG y verront un mépris de la cause écologiste et de la démocratie participative. On peut aussi y voir une reconnaissance de facto, plutôt salvatrice, de la nature politique des questions automobiles.

Constructeurs - 29/11/2022

Lancia révèle sa nouvelle identité de marque

Lancia organisait hier "the Lancia Design Day", un événement qui pouvait être l’occasion de révéler, espérait-on, le concept-car de la future Ypsilon qui sera commercialisée "début 2024". C’est malheureusement un peu trop tôt pour la future "marque de l’élégance italienne" du groupe Stellantis, qui a en revanche révélé son nouveau logo et sa nouvelle identité de marque.

Constructeurs - 24/11/2022

Pièces de rechange Renault et PSA : quand Mediapart dénonçait une fraude qui n’existait pas…

Dans un article publié en mai 2018 et largement relayé par de "grands médias", Mediapart dénonçait des hausses de tarifs "en violation des règles de la concurrence" des pièces de carrosserie de Renault et PSA. Le quotidien relayait en réalité une action en justice dans laquelle la cour d’appel de Paris vient de conclure qu’aucune violation des règles n’avait été démontrée…

Constructeurs - 23/11/2022

Pierre-Paul Mattei, responsable design Peugeot 408 : "Pousser le curseur loin sans oublier qu’une Peugeot doit avoir de l’allure et rester élégante"

Peugeot organisait hier en avant-première pour les journalistes du jury Car of the Year, les essais de la nouvelle 408 dont les premières livraisons sont prévues en mars 2023. Nous y avons rencontré le responsable design de la voiture, Pierre-Paul Mattei, qui nous explique les spécificités et les défis de cette nouvelle silhouette positionnée entre une berline et un SUV. Cette Peugeot 408 s’inscrit dans le même programme que les 308 et 308 SW avec qui elle partage de nombreux composants.