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17/04/2026

Usine de Poissy : 90 ans d'histoire automobile

Par Agence de presse AFP

Usine de Poissy : 90 ans d'histoire automobile
Henri Théodore Pigozzi, dirigeant emblématique de la marque Simca, a racheté l'usine de Poissy à Ford en 1954 (photo : CAAPY)

(AFP) - L'usine de Poissy, qui cessera de produire des voitures en 2028, est l'une des plus anciennes de France : elle ouvre en 1938, lorsque Ford décide de s'implanter en région parisienne, berceau de l'automobile française.

Objectif à l'époque : produire 150 véhicules par journée de 8 heures.

Mobilisée par l'Allemagne nazie pour produire des camions, l'usine est bombardée par les Alliés pendant la Seconde Guerre mondiale. Libérée en 1944, Poissy fabrique des moteurs de chars pour l'armée américaine.

En 1946, l'usine retrouve sa vocation civile et démarre la production de premiers modèles Ford.

Le constructeur franco-italien Simca rachète le site en 1954 avec l'ambition d'en faire l'un des plus modernes du pays. Grâce à une extension inaugurée en 1958, Poissy devient le grand bastion industriel de Simca, avec un succès fulgurant, avant d'être racheté par le groupe américain Chrysler en 1963.

Poissy connaît son apogée dans les années 1960 et 1970, et devient l'un des plus grands centres de fabrication automobile d'Europe. A son sommet, au milieu des années 1970, l'usine emploie 27.000 salariés, un symbole de l'âge d'or de la voiture populaire de masse.

En 1978, PSA Peugeot-Citroën rachète les activités européennes de Chrysler et ressuscite la marque Talbot, marque historique des années 1950. Les modèles Chrysler-Simca produits à Poissy deviennent des Talbot.

Mais le marché ralentit et, de 1982 à 1984, lorsque PSA annonce un plan de licenciements massif touchant près de 3.000 emplois, un conflit social éclate, avivé par l'arrivée de la gauche au pouvoir.

Une grande grève met en lumière les difficiles conditions de travail des ouvriers immigrés. En échec commercial, ternie par l'écho du conflit, la marque Talbot est ensuite abandonnée.

Dans les années 1990 et 2000, l'usine se spécialise dans les petits véhicules (Peugeot 206, 207, puis leurs équivalents Citroën). Entre-temps les effectifs ont été divisés par trois, à environ 10.000 personnes en 2005 puis 7.000 au début des années 2010.

Passé sous bannière Stellantis en 2021 avec la fusion PSA-Fiat-Chrysler, ce site de 33 hectares, dont l'effectif est tombé peu à peu à 2.000 personnes, était la dernière usine d'assemblage automobile d'Ile-de-France.

Selon le syndicat SUD, de l'usine dépend toute une chaîne de sous-traitance, qui compte près de 8.000 emplois dans un rayon de 100 km.

La direction a elle estimé jeudi qu'il y aurait 300 emplois indirects impactés.

Stellantis gardera en France quatre "usines terminales", à Mulhouse, Sochaux, Rennes ainsi qu'à Hordain pour les véhicules utilitaires. Avec l'arrêt de la production automobile à Poissy, la France n'a plus que dix usines terminales.

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