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Constructeurs - 21/09/2023 - #General Motors , #Ford , #Stellantis

Ford évite une grève au Canada, 6e jour pour celle aux États-Unis

Par AFP

Accord de principe au Canada, menace d'extension de grève aux États-Unis : les négociations des nouvelles conventions collectives ont pris des tournures divergentes en une semaine dans la construction automobile nord-américaine.

Le syndicat Unifor, représentant des employés de l'automobile au Canada, a annoncé tard mardi soir avoir trouvé un accord de principe avec le constructeur américain Ford, écartant ainsi le risque d'une grève.

Cet accord, qui concerne plus de 5.600 employés de Ford au Canada, devrait servir de référence pour ceux de Stellantis et de General Motors comme c'est traditionnellement le cas. Les trois géants américains, surnommés les "Big Three", emploient quelque 18.000 adhérents d'Unifor.

"Nous pensons que cet accord de principe, soutenu par la totalité du comité de négociation, répond à tous les sujets abordés par les adhérents lors de la préparation de cette séance de négociations collectives", a indiqué Lana Payne, présidente d'Unifor, dans un communiqué.

"Nous pensons que cet accord solidifiera les fondations sur lesquelles nous continuerons à négocier des avantages pour des générations d'employés de l'automobile au Canada", a-t-elle relevé.

La convention collective s'achevait lundi à 23H59 locales, mais Unifor avait accepté une prolongation de 24 heures pour permettre aux négociateurs de sceller un accord de principe dont le contenu n'a pas été dévoilé à ce stade.

Le syndicat a choisi d'en réserver la primeur à ses adhérents, qui vont devoir le ratifier. Mme Payne avait fait savoir il y a quelques jours qu'elle demandait des hausses substantielles des salaires et des pensions de retraite.

Un porte-parole de Ford a confirmé cet accord, refusant d'en donner les détails "par respect pour le processus de ratification".

Débrayage
Lana Payne a mené une stratégie de négociation plus discrète et moins conflictuelle que son homologue américain Shawn Fain, président du syndicat United Auto Workers.

Ce dernier a lancé vendredi une grève dans une usine de chacun des "Big Three" faute d'être parvenus dans les temps à s'entendre sur les prochaines conventions collectives.

Ce débrayage concerne un peu moins de 13.000 employés sur les 146.000 adhérents que l'UAW compte au sein de ces trois géants.

M. Fain a prévenu que le mouvement pourrait s'étendre s'il ne constatait aucune avancée des négociations d'ici vendredi matin. Il maintient aussi la pression en organisant notamment des répétitions de piquets de grève comme mercredi à proximité du siège de Stellantis à Auburn Hills (Michigan).

Le syndicat réclame notamment une hausse salariale de 40%, correspondant à celle perçue par les dirigeants des groupes ces quatre dernières années.

Le président américain Joe Biden --qui a appuyé les revendications syndicales-- a porté mardi lors de l'assemblée générale des Nations Unies à New York une cravate rouge par solidarité avec la grève de l'UAW, selon un compte-rendu du pool des journalistes couvrant la Maison Blanche.

C'est la première grève affectant les trois groupes en même temps.

Cependant, le syndicat a choisi de mener une action ciblée - et limitée à ce stade - laissant la grande majorité des employés à leurs postes de travail.

Elle a toutefois déjà entraîné le renvoi temporaire de plusieurs centaines d'employés affectés par le manque d'activité du fait des débrayages.

Stellantis a annoncé mercredi que 68 personnes de son usine de Perrysburg (Ohio, nord) se trouvaient dans ce cas et qu'autour de 300 personnes supplémentaires de ce site et de son usine de Kokomo (Indiana) pourraient s'y ajouter.

General Motors a "mis au ralenti" son usine d'assemblage de Fairfax au Kansas (centre) faute de pièces détachées, a indiqué le groupe mercredi, précisant que la plupart des 2.000 membres de l'UAW avaient dû quitter le site "car il n'y avait pas de travail à faire".

Ford avait renvoyé dès vendredi environ 600 personnes de son usine de Wayne (Michigan), par manque d'activité. Elles n'ont pas droit aux indemnités de chômage.

Les trois usines d'assemblage touchées par la grève sont les sites Ford de Wayne, GM de Wentzville et Stellantis de Toledo (Ohio).

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