Publicité
Constructeurs - 13/05/2022 - #Renault

Nissan renoue avec un bénéfice net annuel, après deux exercices de disette

(AFP) - Le constructeur automobile japonais Nissan, allié au français Renault, est redevenu rentable lors de son exercice 2021/22 achevé fin mars, une première depuis 2018/19, mais son nouvel exercice s'annonce semé d'embûches, entre flambée des coûts des matières premières et problèmes d'approvisionnement.

Nissan renoue avec un bénéfice net annuel, après deux exercices de disette

Makoto Uchida, directeur général de Nissan Motor Company, lors des résultats financiers annuel.

Auteur : AFP

Partager cet article

Son bénéfice net annuel s'est établi à 215,5 milliards de yens (1,6 milliard d'euros), selon des résultats publiés jeudi.

Cette performance est légèrement supérieure au dernier objectif du groupe et contraste avec sa lourde perte nette subie en 2020/21, équivalente à 3,4 milliards d'euros.

L'environnement de marché est resté "extrêmement difficile" durant l'exercice écoulé du fait de l'impact persistant de la pandémie de Covid-19, la pénurie de semi-conducteurs et la montée des prix des matières premières, a souligné Nissan dans son communiqué.

Néanmoins, le groupe dit avoir récolté les fruits de sa vaste restructuration amorcée en 2019 et de sa nouvelle stratégie axée sur la qualité des ventes au lieu des volumes, sa mise sur le marché de nouveaux modèles et une vive reprise du marché automobile américain.

Nissan a aussi profité de la baisse du yen, devenue brutale à partir de mars. La devise nippone évolue depuis avril à ses plus bas niveaux par rapport au dollar depuis 20 ans. Cet effet de change est positif pour les groupes exportateurs japonais, en dopant artificiellement leurs revenus réalisés à l'étranger.

Incertitude sans précédent
Nissan a également dépassé son objectif de bénéfice opérationnel annuel, qui a atteint 247,3 milliards de yens (1,8 milliard d'euros).

S'il a raté sa cible en matière de chiffre d'affaires, lequel a totalisé 8.424,6 milliards de yens en 2021/22 (62,5 milliards d'euros), ce niveau représente tout de même une hausse de 7,1% sur un an.

Mais de nombreux vents contraires soufflent sur son nouvel exercice, où l'environnement de marché devrait être "encore plus sévère", a prévenu le constructeur.

Nissan s'attend ainsi à une chute de 30% de son bénéfice net, à 150 milliards de yens.

Ce déclin est toutefois amplifié par une comparaison défavorable avec l'exercice écoulé, où Nissan a enregistré un gain exceptionnel significatif lié à la vente de ses parts dans l'allemand Daimler.

A la pénurie persistante des semi-conducteurs se greffent désormais les confinements sanitaires en Chine et la guerre en Ukraine, des facteurs négatifs qui font encore grimper les coûts des matières premières et les perturbations sur les chaînes d'approvisionnement.

"Bien que Nissan ait mis en place des plans de continuité de ses opérations de manière agile, ces changements ininterrompus" des conditions de marché "créent une incertitude sans précédent", a souligné Makoto Uchida, directeur général de Nissan.

Ces impacts se sont déjà fait sentir sur le dernier trimestre (janvier-fin mars), où Nissan n'a dégagé qu'un mini-bénéfice net de 14,2 milliards de yens, un bénéfice opérationnel de 56 milliards de yens et un chiffre d'affaires de 2.270,6 milliards de yens (16,9 milliards d'euros), en baisse de 10,8% sur un an.

Retour des dividendes
Nissan vise malgré tout pour 2022/23 un bénéfice opérationnel quasi stable sur un an, à 250 milliards de yens, et une hausse de 18,7% de son chiffre d'affaires à 10.000 milliards de yens (74 milliards d'euros au cours actuel).

Signe d'une certaine confiance retrouvée, Nissan va verser un petit dividende de 5 yens par action pour son exercice écoulé, une première depuis 2019, et prévoit un dividende au moins similaire pour 2022/23.

Son directeur général Makoto Uchida a reconfirmé jeudi l'objectif du groupe de dégager une marge opérationnelle ajustée de 5% en 2023/24, contre une marge ajustée de 3,7% en 2021/22.

Mercredi, Mitsubishi Motors, troisième membre de l'alliance Renault-Nissan, s'est montré plutôt optimiste pour son nouvel exercice. A l'inverse, le géant mondial de l'automobile Toyota a prévu une chute de ses bénéfices face à une hausse "sans précédent" de ses coûts en matières premières et logistique.

Un important conseil de l'alliance entre les trois constructeurs est par ailleurs prévu mardi prochain à Yokohama, au siège de Nissan. Le directeur général de Renault, Luca de Meo, est déjà arrivé mercredi au Japon.

Le projet de Renault de scinder son activité dédiée à l'électrique et ses implications pour Nissan et Mitsubishi Motors devraient être au coeur de cette réunion.

"Nous sommes prêts à soutenir Renault, mais est-ce que (un projet similaire, NDLR) serait bon pour Nissan, et est-ce la bonne direction pour l'alliance dans son ensemble ? Nous devons en discuter davantage", a commenté M. Uchida.

Partager cet article

Réactions

Envoyer cet article à un ami

Les champs suivis d’une astérisque sont obligatoires.

Aucun commentaire, soyez le premier à participer !

Votre commentaire

Vous devez être connecté pour publier un commentaire

Mot de passe oublié

Autres actualités

Edition du 13/05/2022

Thyssenkrupp relève ses prévisions annuelles pour 2022

(Reuters) - Thyssenkrupp a relevé mercredi ses perspectives de chiffre d'affaires et de bénéfice d'exploitation pour 2022, mais a revu à la baisse ses prévisions de flux de trésorerie disponible, en raison d'une hausse des prix de vente et du coûts des matières premières.

Equipementiers

L'Opep abaisse de nouveau ses prévisions pour le marché pétrolier

(Reuters) - L'Opep a revu à la baisse jeudi sa prévision de croissance de la demande mondiale de pétrole pour cette année, comme elle l'avait déjà fait le mois dernier, pour intégrer l'impact de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, de l'inflation et de la résurgence de l'épidémie de COVID-19 en Chine.

Marchés

L’occasion bon marché est rare, donc l’occasion bon marché est chère

Pendant que le pricing power bat son plein dans la vente de véhicules neufs, les tarifs des véhicules d’occasion alimentent le taux d’inflation à un rythme effréné. Après plus de deux ans de pénurie, le marché des véhicules d’occasion est, lui aussi, impacté avec une offre de plus en plus restreinte et des concessionnaires américains qui n’hésitent plus à présenter des modèles affichant 300.000 km ou plus (200.000 miles) sur leur parc occasion.

Analyse

Marc Bruschet (Mobilians) : "Nous devons nous préparer à un marché VP à 1,4 million d’unités"

Fin connaisseur du marché automobile français, Marc Bruschet patron d’un groupe de distribution installé dans le sud-est de la France et président de la branche concessionnaire de Mobilians (ex-CNPA) estime que les chiffres du premier quadrimestre mettent les immatriculations sur une tendance à 1,4 million de VP pour l’année 2022. Sans mesures de soutien, cette situation risque de conduire à "des ajustements d’effectifs" conséquents dans la filière aval.

Marchés

Catégorie Constructeurs

Sandouville : la Cour de cassation remet la CGT à sa place

En mai 2020, la CGT avait obtenu d’un juge de première instance la fermeture de l’usine de Sandouville au mépris du droit comme vient de le confirmer la Cour de cassation. La CGT n’avait pas qualité à agir puisqu’elle ne contrôle pas l’instance de représentation des salariés de l’usine de Sandouville.

24/05/2022